
Date de sortie : 18 septembre 2026
Genre : Folk Rock
Après un premier album que j’ai particulièrement aimé de son band Trace d’ours, Sortie du bois (2020), six ans plus tard, l’auteur-compositeur-interprète Jo Pilon revient de loin avec une musique qui défriche les terres et nous plonge dans une période trouble, entre passion pour la musique, remise en question et une vie qui nous offre une nouvelle façon de faire les choses sans avoir à censurer sa plume et ses ambitions.
Gosser avec les moyens du bord et une famille qui est soudée, Jo Pilon choisit de nous offrir Gars Ordinaire, un premier opus sans fla-fla.
Les 10 pièces de l’album nous amènent dans un univers qui va du delta blues au punk rock, en passant par l’americana folk, les chansons du terroir québécois et le bluegrass.
On retrouve des influences qui passent entre Séguin, Les Cowboys Fringants, Bernard Adamus, Stephen Faulkner, Plume Latraverse, Robert Charlebois et Québec Redneck Bluegrass Project. Alexis Danetz, dans le D2 Studio, réalise d’une main de maître l’univers de Jo Pilon.
Pilon nous ouvre la porte sur des chansons à la plume franche qui ne cherchent pas à faire briller l’émotion, mais plutôt à la sortir sans censure.
Il porte le crachoir sur les relents d’une rupture amoureuse, le gouvernement qui nous bullshit en pleine face, l’anxiété de performance, le chemin entre le party trip intense et la sobriété, l’importance des chums qui se tiennent et l’acceptation de sa vulnérabilité à travers les tempêtes.
Il parle aussi de la décrépitude de notre monde actuel, entre tous ses changements climatiques, les guerres et les crises économiques, sans oublier un voyage de pêche.
Mais surtout, c’est un disque empreint de sueur et de sacrifices, un premier opus personnel jusqu’au fond des trippes, où l’on retrouve les up and down de l’artiste qui creuse loin.
Ce qui devait être un simple EP de 3-4 chansons s’est finalement transformé en album de 10 chansons.
On sent que Pilon en avait beaucoup à dire, avec colère, indignation et fébrilité, mais surtout sans taire la petite voix de son cœur.

Musicalement, Jo Pilon s’entoure de sa famille de musiciens et de frères de route qui lui ont donné le coup de pied au cul qui lui fallait.
On retrouve Benoit Goyette à la guitare, Chester Alarie à la basse, Vincent P. Ravary à la batterie, Thomas Mongrain Bernardini et Luc Baslanti à l’harmonica. Alexis Danetz, en plus de réaliser l’album, y joue également des guitares supplémentaires.
Sans oublier la voix de Jo Pilon, rocailleuse comme son parcours, qui nous fait part de ses bad luck et de ses victoires.
Je serai franc, on est dans une musique qui, à première vue, résonne dans une parlure québécoise et fière.
Ça sonne pas pasteurisé. Si tu aimes qu’on parle des vraies affaires sans tourner autour du pot, tu es à la bonne place.
Avec un lot de pièces dignes d’un party qui va lever et des ballades crissement à nu folk, Un Gars Ordinaire est tout sauf ordinaire.
Si tu dors au gaz, lève le volume dans ton road trip, tu vas voir, ça garde éveillé peu importe ton hangover.
Un album de chansons québécoises pas piquées des vers qui fait du bien par où que ça passe.
8/10
Chansons favorites :
. Comme un arbre
. Oh Lord
. J’m’en souviens
. Gars ordinaire
. Page Brune
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