[Critique] Koriass – SEPT ANS DE MALHEUR (titre temporaire)


Date de sortie : 29 mai 2026
Genre : Rap

Pour ceux qui me connaissent, je suis pas un grand fervent du hip hop, mais je tente de laisser ma curiosité et mon ouverture d’esprit à ciel ouvert.
Tout est une question de timing parfois,
mais Koriass, je serai très franc, c’est très rare que selon moi il frappe à côté de la track. Après son excellent Abri de Fortune (pour fin du monde) (2022), un album en collaboration avec Fouki, et Génie en herbe (2020),
le rappeur de St-Eustache mise sur un opus irrévérencieux et sans filtre, sur un huitième album qui mord dans les mots, qui a du beat et qui ne passe pas par quatre chemins.

Voici donc SEPT ANS DE MALHEUR (titre temporaire), dans un hip hop qui retourne à des sonorités plus brutes avec des essences de soul funk jazzy, pop minimaliste hyper catchy, de l’électro sinueuse sans tomber dans le bonbon rose.

Produit par Marc Vincent alias Ruffsound et LORD,

Kory Heart choisit de penser hors de la boîte et faire rimer les saisons tristes dans le 450, la vie et sa brutalité, les trahisons qui saignent dans le ciel du Carrefour Laval,
une plume avec un mélange full feeling de lâcher-prise, colère et nostalgie, et quelques leçons au bout de sa poésie entre St-Eustache, Laval et Montréal.

Des paroles sombres mais réalistes.

On est loin du monde des Calinours, on creuse loin dans l’introspection,
toutes les histoires finissent par finir, le rappeur le sait et se livre sans fioriture et d’une franchise déconcertante, mais qui mène à la vérité.

 

 

 

 

 

Musicalement, son hip hop sert de uppercut dans ses rimes qui résonnent comme un K.O. sur un ring de boxe entre badluck et détour pour sortir des sentiers battus, et des grooves de guitares funk soul, des beats électro pop dansants mais pas trop, un peu trip hop, des notes de piano.
Bien que l’ensemble soit très dark, on équilibre le tout avec quelques pièces qui restent dans l’état d’esprit mais sont accessibles, mais ça frappe à chaque écoute.
Il ne met pas de gin dans ses accents toniques, mais il mise sur la spontanéité de ses états d’âme qui virevoltent comme un accident de char lors d’une tempête de pluie dans le ventre de la nuit.

Pour ce nouvel opus très mordant, qui me rappelle de temps en temps l’album très puissant La nuit des longs couteaux (2018) dans ses paroles très incisives et intuitives,

Koriass s’est offert une brochette de collaborateurs de premier plan : St-Prince, Joudi, Suspek-T, Calamine, Marjolaine Beauchamp, Souldia, Jon Rivera, Fouki, Loud et Daniel Bélanger.
Empreint de témoignages, de bouts de crash, Kory Heart et ses complices discutent lors de la confection de cet opus.

Ce qui impressionne, chaque collaborateur semble parfaitement être en symbiose.

Le moment fort est avec Bélanger, Loud, Calamine & Marjolaine Beauchamp. Je m’arrête là parce qu’il y a beaucoup d’info.

Dans le heartbreak club, Koriass est roi et maître avec ses rimes faites de poésie taciturne sur la temporalité de la vie,
l’horloge fait tic tac, le rappeur embrasse les démons de son passé pour en faire un album franc, dur.

Koriass joue franc, un point c’est tout.

Il garde sa poker face parce que les sourires sont trompeurs.

Et vous savez quoi ? J’embarque all in dans ça, fast lane à cent mille à l’heure.

8 /10

Chansons favorites

  • Heartbreak Club
  • Le party est fini feat. Calamine & Marjolaine Beauchamp
  • J’cours après le trouble
  • Détour feat. St-Prince
  • Basse Couture
  • Offenbach feat. Loud
  • Sept ans de malheur (titre permanent) feat. Daniel Bélanger
  • Vingt-quatre heures

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