[Critique] Laufey – A Matter of Time

Date de sortie : 22 août

Genre : Jazz Pop

Révélée au grand public avec Bewitched (2023), album couronné d’un Grammy, la chanteuse islandaise d’origine chinoise Laufey s’est taillé une place unique dans le paysage musical contemporain. Sa voix intemporelle, chargée de nostalgie, charme un auditoire toujours plus vaste.

Avec A Matter of Time, son troisième album, elle confirme son statut d’héritière moderne du Great American Songbook. Au fil de 14 titres, Laufey tisse un écrin somptueux où jazz-pop, musique classique et comédie musicale orchestrale s’entrelacent, avec en prime quelques détours vers la country.

Le tout respire l’élégance des années 50 et 60, mais habité par une fraîcheur profondément actuelle.

Entourée de collaborateurs de haut vol — Spencer Stewart, Aaron Dessner (Ed Sheeran, Taylor Swift) et l’Iceland Symphony Orchestra — Laufey pousse son esthétique rétro vers de nouveaux horizons.

Les arrangements, riches et bouleversants, donnent à l’album une ampleur cinématographique.

Si elle conserve ce romantisme lumineux qui fait sa signature, Laufey ose cette fois des thèmes plus sombres : les doutes intérieurs, les chagrins d’amour, l’amitié brisée, ou encore la quête de beauté dans un monde brutal. Elle se dévoile avec une sincérité désarmante, assumant ses failles autant que son éclat.

Musicalement, l’album est un voyage : guitares acoustiques, piano sensible, cordes somptueuses, percussions feutrées. Jazz classique, bossa nova et pop scintillante se croisent et s’entremêlent, toujours au service d’une voix à la fois délicate et puissante.

À seulement 26 ans, Laufey impressionne par sa maturité artistique. A Matter of Time est l’album parfait pour accompagner la mélancolie automnale ou contempler un ciel étoilé. Plus qu’un disque rétro, c’est une œuvre introspective et magnétique, où l’intime rencontre l’universel.

10/10

Titres coups de cœur :

  • Tough Luck
  • Silver Lining
  • Snow White
  • Carousel
  • Clockwork
  • Sabotage
  • Clean Air