[Critique] Muse – The WOW! Signal

 

Date de sortie : 26 juin 2026
Genre : Rock

C’est toujours avec un enthousiasme mitigé que l’on accueille un nouvel album du trio britannique Muse.

Celui-ci ne fait pas exception, après quelques extraits comme Unravelling, Be With You et Cryogen, qui ont servi de mise en bouche pour ce dixième opus.

Après le divertissant Will of the People (2022), qui a divisé une partie des fans, j’ai personnellement davantage accroché à celui-ci qu’à Simulation Theory (2018), qui m’avait un peu refroidi à l’époque.

Matt Bellamy et sa bande reviennent cette fois avec un album concept ambitieux, porté par un rock aux accents cosmiques.

The WOW! Signal s’inspire librement de l’anomalie radio captée en 1977, entourée de mystères liés à l’espace et à l’hypothèse de la vie extraterrestre.

Les dix morceaux mélangent rock orchestral galactique, textures néo-classiques, électro-pop, metal progressif, disco et synth-wave dans une fusion dense et immersive.

Le tout est porté par des harmonies puissantes capables de donner la chair de poule, l’une des grandes forces du groupe depuis Showbiz (1999).

Pour cet album, Muse collabore à nouveau avec le producteur Dan Lancaster (Bring Me the Horizon, Blink-182, Don Broco, Polyphia, One Ok Rock), également musicien de tournée du groupe, ainsi qu’avec l’ingénieur du son Aleks von Korff.

L’album a été enregistré entre Londres, dans les mythiques studios Abbey Road, et Santa Monica, à Los Angeles.

Cette collaboration pousse encore davantage leur liberté créative, ce qui n’est pas mauvais en soi.

The WOW! Signal développe un concept autour du signal de 72 secondes provenant de la constellation du Sagittaire, dont l’intensité et la structure ont longtemps alimenté les spéculations sur une origine extraterrestre en 1977.

L’album explore ainsi des thèmes chers à Muse : la communication cosmique, l’angoisse technologique, l’émerveillement existentiel et la quête de sens dans un monde de plus en plus déconnecté.

Comme souvent chez eux, on retrouve aussi des réflexions sur la rébellion, les tensions intérieures et le conflit entre l’instinct de résistance et le besoin fondamental d’amour et de connexion.

Le tout est enveloppé de métaphores sombres et apocalyptiques décrivant un monde en perte de repères, tout en laissant parfois filtrer une forme d’espoir face au chaos.

 

Sur le plan musical, Muse propose une série de morceaux riches et ambitieux : guitares (dont une 8 cordes bien exploitée dans certains solos), voix de Matt Bellamy onirique, passages électroniques complexes et atmosphères presque cinématographiques, rappelant par moments Origin of Symmetry (2001) ou Black Holes and Revelations (2006).

On retrouve aussi des sonorités d’orgue d’église envoûtantes, ainsi que des vagues de synthés massifs et des cordes somptueuses qui font leur effet, le tout teinté d’un léger parfum égyptien.

À cela s’ajoutent des chœurs inquiétants, dignes d’un film d’horreur, entonnant en latin des chants évoquant Satan.
On flirte également, par moments, avec le disco-funk et la French house.

La basse de Chris Wolstenholme et la batterie de Dominic Howard apportent une énergie constante, servant de moteur à cet univers sonore dense et parfois écrasant.

Si certains morceaux frappent fort et impressionnent par leur puissance, l’ensemble souffre parfois d’un rendu trop lisse qui dilue l’impact de certaines idées pourtant ambitieuses.

Je salue l’audace du projet, entre science-fiction et univers extraterrestre, qui se maintient tout au long de l’écoute. Le concept résonne efficacement.

Muse propose une collection de chansons robustes, mais il y a des moments où l’on se lasse à l’écoute, surtout lorsque l’on tombe dans des ballades sirupeuses et mélancoliques interminables.

Malgré leur génie pour offrir un rock fascinant, une impression de répétition reste présente tout au long de l’album.

Attention, The WOW! Signal n’est pas un fiasco total, mais plutôt un album correct, selon moi.

Il ne passera probablement pas à l’histoire comme The Resistance (2009).

L’album se situe quelque part entre Origin of Symmetry, Black Holes and Revelations et The 2nd Law, avec une production trop propre, parfois trop pop, voire même paresseuse.

Dommage, j’espérais des ambitions plus crues et plus marquées pour ce dixième album de Muse.

Peut-être la prochaine fois ?

Quoi qu’il en soit, je vous invite à l’écouter et à vous faire votre propre opinion.

Je tiens à préciser qu’il y a malgré tout quelques bangers mémorables parmi les morceaux de ce dixième opus.

6/10

Chansons favorites :

  • Hexagons
  • Cryogen
  • The Sickness In You & I
  • Hush Feat Ellie Goulding
  • The Dark Forest

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