
Genre : Indie folk / Pop alternative
Date de sortie : 17 octobre 2025
Six ans après Fever Dream (2019), un album électro-rock dominé par les synthés qui m’avait laissé sur ma faim, le groupe islandais Of Monsters and Men revient avec un quatrième opus d’une intensité émotionnelle nouvelle. Un disque nourri d’histoires personnelles qui inspirent et élèvent leur musique à un tout autre niveau.
Voici donc All Is Love and Pain in the Mouse Parade, un album de 13 pièces qui réinvente la formule pop-folk alternative du groupe, en y insufflant une poésie introspective et lumineuse, empreinte de ces parfums glacés venus des paysages nordiques.
Entièrement autoproduit, l’album a été écrit et enregistré dans leur studio en Islande, préservant cette essence artisanale et authentique propre à Of Monsters and Men. Le groupe y explore la complexité de l’expérience humaine : la joie et le chagrin, l’amour et la douleur, mais aussi l’acceptation de la nature douce-amère de la vie.
On y parle d’amitié, de deuil, d’amours qui se transforment avec le temps, des chemins qu’on emprunte pour atteindre le bonheur, mais aussi d’homosexualité et de communauté LGBTQ+. Entre vulnérabilité et instinct de survie, les chansons s’enchaînent comme autant de confidences universelles.
Au cœur de l’album, la co-chanteuse et parolière Nanna Hilmarsdóttir tisse un récit profondément humain sur la famille, la communauté et les générations qui les ont précédés. All Is Love and Pain in the Mouse Parade se présente comme une œuvre collective, un chœur d’expériences entremêlées — cette fameuse « Mouse Parade » symbolisant la trame invisible qui relie toutes ces histoires et façonne le paysage émotionnel du disque.

Musicalement, Of Monsters and Men retrouve ici tout ce qui fait sa force : des mélodies folk-pop à la dimension cinématographique, capables de peindre des images saisissantes par la seule puissance de leur musicalité.
Les voix entrecroisées de Nanna Hilmarsdóttir et du guitariste Ragnar Þórhallsson se fondent avec une grâce magnétique, créant un champ de bien-être et d’équilibre. Autour d’eux, les guitares de Brynjar Leifsson, la basse de Kristján Páll Kristjánsson et la batterie d’Arnar Rósenkranz Hilmarsson tissent une trame sonore riche et enveloppante.
On y entend aussi des éclats de synthés et de piano Rhodes mélancoliques, des arrangements de cordes et de cuivres, du mellotron et des touches de flûte qui amplifient la beauté onirique de l’ensemble.
La signature planante du groupe est bel et bien de retour — plus forte, plus nuancée et plus émotive que jamais.
Les longues pièces, à la fois aventureuses et laborieuses, traduisent une recherche musicale ambitieuse et sincère.
Comme l’indique son titre, All Is Love and Pain in the Mouse Parade est un album de folk-pop introspectif qui nous fait voyager entre bonheur extrême et profonde tristesse, entre lumière et ombre — un retour aussi sincère que bouleversant.
Encore une preuve que le quatuor islandais n’a pas fini de nous faire vivre de grands moments d’émotion avec sa musique qui chavire le cœur.
Une grande expérience humaine, et sans aucun doute l’un des albums que j’attendais le plus cette année.
10/10
Chansons favorites :
- Dream Team
- Barefoot in Snow
- The Towering Skyscraper at the End of the Road
- Television Love
- Ordinary Creature
- Styrofoam Cathedral
- Mouse Parade