
Date de sortie : 10 octobre
Genre : Soul / Blues / Gospel / Funk
Depuis toujours, la musique gospel constitue une pierre angulaire de la culture afro-américaine, un lieu de ralliement où la foi et la musique se confondent. Pour le soulman et bluesman Robert Finley, le chemin vers l’église n’a jamais été bien loin. Déjà, ses quatre albums précédents laissaient entrevoir cette dimension spirituelle, souvent tapie sous la chaleur du blues et la sincérité de la soul.
Neuf ans après ses débuts discographiques, l’artiste originaire de Louisiane signe un cinquième opus, Hallelujah! Don’t Let The Devil Fool Ya, sur lequel il embrasse pleinement ce gospel ardent, viscéral et festif, tout en gardant ses racines profondément ancrées dans le blues.
L’album, composé de huit pièces baignées dans des sonorités marécageuses où se mêlent funk, blues et gospel, marque sa troisième collaboration avec Dan Auerbach, le leader des Black Keys, sous la bannière du label Easy Eye Sound. Né d’une seule journée de sessions improvisées en studio, ce disque respire la spontanéité et l’énergie brute. On y perçoit les influences de James Brown, Khruangbin, The O’Jays ou encore Curtis Mayfield.
Finley y prêche des hymnes lumineux sur la force spirituelle qui guide les âmes, entre ferveur et sensualité, sacré et profane. Les textes oscillent entre la célébration divine et l’appel de la fête, offrant un pont vibrant entre ciel et terre.
Musicalement, Finley s’amuse et s’enflamme. Les orchestrations groovy fusionnent avec un gospel blues incandescent, porté par sa voix rauque et brûlante d’authenticité. Les guitares psych-funk des années 70 se font langoureuses, soutenues par une basse profonde, un piano expressif, un orgue psychédélique et des chœurs envoûtants — dont celui de sa fille, Christy Johnson, qui apporte une touche d’âme supplémentaire.

Autour de lui, une équipe de rêve : Dan Auerbach à la réalisation, Barrie Cadogan (Little Barrie, Primal Scream, The The, Liam Gallagher) à la guitare, Malcolm Catto (Heliocentrics, Madlib, DJ Shadow) à la batterie, Thomas Brenneck (fondateur du label Daptone) à la basse et Ray Jacinto aux claviers.
Fermez les yeux : on assiste à une messe pas comme les autres, entre transe, groove et exaltation.
Hallelujah! Don’t Let The Devil Fool Ya sonne comme une communion entre la terre et le ciel, une prière funk et soul magnifiée par un groupe en état de grâce.
Un album spontané, magnétique et profondément humain, où Robert Finley et Dan Auerbach forment un tandem électrisant.
9/10
Chansons favorites :
- I Wanna Thank You
- His Love
- Can’t Take My Joy
- Holy Ghost Party
- I Am Witness
- Helping Hand