[Critique] The Black Keys – No Rain, No Flowers


Date de sortie : 8 août
Genre : Rock

Après le très séduisant Ohio Players (2024), un album de pop rock psychédélique qui n’a pas su répondre aux attentes de certains — leur disque le moins bien classé depuis 2006 —, The Black Keys ont traversé une zone de turbulence : annulation d’une tournée dans les arénas en raison de ventes de billets décevantes, renvoi de leur légendaire gérant Irving Azoff et réprimande publique envers leur équipe de relations publiques.

À peine un an plus tard, le duo remet ça.

Voici No Rain, No Flowers, leur 13e album studio, qui adopte une nouvelle philosophie : plus lumineuse, plus résiliente, tournée vers l’avenir.

Autoproduit, le disque bénéficie aussi de la plume d’auteurs-compositeurs aguerris tels que Rick Nowels, Daniel Tashian et Scott Storch. Il a été enregistré dans leur fief : les studios Easy Eye Sound de Nashville.

On y retrouve 11 pièces qui repoussent les limites du blues rock alternatif rugueux, en y injectant du funk psychédélique, du boogie cosmique, une pop sucrée à la sauce seventies et une touche de soul acidulée.
Plutôt que de s’enliser dans la nostalgie, The Black Keys remuent les cendres du passé pour attiser un feu nouveau : un rock éclectique, imprévisible, qui surprend les tympans à chaque détour.

Les chansons, coécrites avec Nowels, Tashian et Storch, explorent des thèmes comme la nécessité de l’adversité pour grandir, la turbulence joyeuse de l’insouciance, la rébellion face à la conformité, ou encore la beauté des petits bonheurs croisés sur notre chemin.

Une mélancolie douce affleure parfois, mais l’esprit global est résolument positif : The Black Keys choisissent de transcender les frustrations et les émotions sombres pour faire place à la lumière.

Côté musical, Dan Auerbach déploie toujours sa voix soul et ses guitares tantôt abrasives, tantôt chatoyantes. Patrick Carney, lui, insuffle à la batterie un groove soulful, enrichi de lignes de piano boogie et de funk savoureuses par la légende Scott Storch (ex-claviériste de The Roots).

Ce 13e opus sonne comme un road trip à fond la caisse dans le désert du Nevada, un hommage aux années 70, quand la liberté grondait sous le capot des voitures.

The Black Keys ne cherchent pas à refaire Brothers (2010) ou El Camino (2011). Ils préfèrent brouiller les pistes, jouer avec les règles et miser sur l’instant présent.
No Rain, No Flowers est un album vibrant, magnétique, porté par une énergie positive qui fait du bien. Ce n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais c’est un compagnon de route précieux, à ressortir quand le ciel se couvre ou que l’appel du large se fait entendre.

8 /10

Chansons coup de cœur :

  • Baby Girl
  • No Rain, No Flowers
  • The Night Before
  • Kiss It
  • Man on a Mission
  • Neon Moon
  • On Repeat