
Sortie : 14 novembre
Genre : Folk rock
Quatre ans après Tout beauté n’est pas perdue (2021) et la compilation Vallières au travers de la route — véritable survol de ses 25 années de carrière — Vincent Vallières revient avec un neuvième album, Les saisons, les secondes. Fidèle à son univers, il poursuit son exploration d’un folk rock lumineux et profondément humain, ancré dans le réel mais toujours tourné vers l’espoir.
Entre les enfants qui grandissent, les tempêtes du quotidien et la musique qui joue fort, Vallières creuse la clarté dans le chaos.
Les onze pièces du disque, portées par les arrangements orchestraux à la fois raffinés et vertigineux de Gabriel Desjardins, dégagent une force tranquille.
On y entend des échos de The War On Drugs, Daniel Lanois, Kurt Vile, Bob Dylan, Richard Séguin et même Paul McCartney, sans jamais que la voix unique de Vallières ne s’efface.
La réalisation, signée par Vallières et son complice de toujours André Papanicolaou, donne à l’album un souffle ample et sincère.
Avec Olivier Langevin, Marc-André Larocque, Simon Blouin et Michel-Olivier Gasse, le chanteur retrouve son noyau de musiciens, formant un ensemble d’une belle cohésion.
Les sessions, partagées entre le Studio 3 et le Studio Dandurand, dégagent une chaleur organique et vivante.
L’écriture, quant à elle, bénéficie de la plume poétique de Dominique Fortier.
L’autrice de Du bon usage des étoiles et Quand viendra l’aube insuffle une dimension littéraire nouvelle à la musique de Vallières.
Ensemble, ils tissent des images fortes, des symboles lumineux où il est question de fragilité, d’armure et de courage face à la douceur amère de la vie.

Les arrangements orchestraux de Desjardins — soutenus par une impressionnante section de cordes et de vents — viennent enrichir ce paysage sonore : violons, altos, violoncelles, contrebasse, flûte, clarinette, basson, cor anglais et hautbois. L’ensemble confère au disque une ampleur cinématographique.
On y retrouve aussi un moment d’intimité rare : un duo père-fille sur la pièce Dessine-moi, interprété avec Lili-Rose Vallières.
Les saisons, les secondes renoue avec l’esprit des grands albums de Vallières : Chacun dans son espace (2003), Le repère tranquille (2006), Le monde tourne fort (2009), Fabriquer l’aube (2013) et Le temps des vivants (2017).
Ce n’est pas une répétition, mais une continuité naturelle, celle d’un artiste qui assume pleinement ses racines folk rock.
Vallières chante l’homme, l’ami, le père et l’amoureux, mais surtout l’artiste qui transforme les failles en victoires.
Sa plume est sa voix, et sa voix est sa plume — indissociables.
Fleuron de la chanson d’ici, il demeure l’un de nos grands bâtisseurs, celui qui sculpte l’ordinaire pour en faire de l’extraordinaire.
Les saisons, les secondes est un album qui célèbre la vie telle qu’elle est : traversée de doutes et de deuils, mais nourrie d’amitié, d’amour et de solidarité.
Entre les tumultes et les silences, Vallières et Fortier redonnent à l’espoir une place centrale — une lumière douce mais tenace au cœur du chaos.
9/10
Chansons coup de cœur :
- Les saisons, les secondes
- Je marche comme une tombe
- Dessine-moi (duo avec Lili-Rose Vallières)
- Des flèches au soleil
- Sarah
- Ce n’est plus le temps d’avoir peur
- Salut Lacasse