
Date de sortie : 18 décembre 2025
Genre : Indie rock
L’année 2025 a filé à une vitesse déconcertante et, dans ce flot continu de sorties, certains albums m’ont échappé. Ataraxie en fait partie.
Un rattrapage s’imposait, histoire de garder le rythme.
Je dois l’admettre d’entrée de jeu : je ne connaissais pas du tout le groupe montréalais Yokofeu.
Pourtant, avec Ataraxie, ils proposent un album concept solidement ancré dans une créativité foisonnante.
Il s’agit d’un troisième album qui refuse clairement de s’enfoncer dans une obscurité complaisante.
Ataraxie se compose de neuf pièces et s’impose comme un long voyage parfois exigeant, mais profondément éthéré. Le groupe navigue avec aisance entre indie rock, jazz et électro-pop, tout en intégrant des passages cinématographiques et introspectifs. Des élans de rock progressif et psychédélique viennent enrichir l’ensemble, offrant une écoute aussi raffinée qu’hypnotique.
La réalisation, signée par Daniel Baillargeon en collaboration avec le chanteur Francis Rose, est particulièrement marquante. Rose, responsable des paroles et de la musique, démontre un sens aigu du détail et de la structure.
Son écriture, à la fois spatiale et énigmatique, repose sur un choix de mots d’une précision presque horlogère. Chaque phrase semble suivre le rythme des pulsations de la vie, portée par une prose teintée de réflexion philosophique. Les textes invitent à s’ancrer dans l’instant présent, à traverser la noirceur pour apaiser l’esprit.

Sur le plan musical, Yokofeu installe une atmosphère planante qui semble tout droit sortie de l’imaginaire.
Les mélodies évoquent tantôt des mantras, tantôt de véritables voyages intérieurs.
Les synthétiseurs de Gabriel Godbout-Castonguay, aux sonorités psychédéliques et résolument science-fiction, enveloppent l’auditeur.
Les guitares indie rock feutrées et texturées de Daniel Baillargeon ajoutent une profondeur chaleureuse à l’ensemble.
La batterie de Maxime Drouin oscille entre accents jazz et énergie rock, tandis que la basse funk et cosmique de Pierre-David Girard assure une assise rythmique solide.
La voix narrative et théâtrale de Francis Rose agit comme un fil conducteur, guidant l’auditeur à travers cet univers sonore.
La participation de Félix Petit au saxophone, sur l’une des pièces, vient enrichir encore davantage la palette musicale.
L’album respire et vibre grâce à une dynamique bien maîtrisée, alternant changements de rythmes percutants et moments suspendus où le temps semble s’arrêter.
Cette impression d’apesanteur contribue grandement à l’identité de l’opus.
Je suis encore en train d’apprivoiser cette troisième offrande de Yokofeu, une œuvre qui pousse l’auditeur aux frontières de la folie sans jamais perdre le contrôle.
Une écoute répétée est fortement recommandée afin d’en saisir toute la richesse et de vivre pleinement cette expérience à la fois déroutante et hypnotique.
Note : 8 / 10
Chansons favorites :
• Décor
• Ataraxie
• Démantèlement
• Floraison
• Soleil