Dan Mangan-Natural Light

 

 

Voilà maintenant plus de 20 ans que l’auteur-compositeur-interprète vancouvérois Dan Mangan nous offre des albums qui adoucissent nos heures les plus sombres.
Entre les sonorités jazz de son projet Dan Mangan & Blacksmith, avec l’envoûtant Club Meds (2015), et les disques acclamés par le prix Polaris comme Nice, Nice, Very Nice (2009) et Oh Fortune (2011), Mangan a su construire une œuvre aussi sensible qu’exigeante.
Mais c’est surtout More or Less (2018), mon coup de cœur personnel, qui m’a initié à sa folk douce et aérienne, tout en arpèges délicats — un souffle prolongé avec Being Somewhere, qui poursuit avec grâce une trajectoire artistique marquée par l’élégance et la mélancolie.

Alors qu’il s’était retiré dans un chalet pour revisiter d’anciennes compositions en vue d’un prochain album, Dan Mangan émerge de cette retraite créative avec un septième opus imprévu, plus spontané que jamais. Un retour inspiré, porté par la beauté brute de l’instant.

Avec Natural Light, Dan Mangan nous livre un recueil de 13 pièces qui le ramènent à ses sonorités les plus organiques et chaleureuses.
Entre ballades folk intimistes, envolées jazz mélancoliques et éclats d’indie rock éthéré, l’album tisse une ambiance feutrée, lumineuse et profondément humaine.
Coproduit par Mangan lui-même, aux côtés de ses collaborateurs de longue date — Jason Haberman, Don Kerr et Mike O’Brien — l’album a vu le jour dans un lieu tout aussi singulier : le studio SOUVENIR, niché dans un chalet à Gilmour, en Ontario, appartenant à Haberman. Un espace transformé en studio d’enregistrement, où la spontanéité et la complicité du groupe ont donné naissance à un disque empreint de sincérité et de beauté brute.

Dan Mangan nous offre ici des chansons comme autant de bouées de sauvetage tendues dans la tourmente, quand la vie déferle avec ses rafales imprévisibles.
Natural Light explore des thèmes profonds : la résistance politique, l’esprit de communauté porteur de renouveau, ces moments fragiles où l’on doit puiser dans le chaos un peu de beauté et de vérité pour recoller les morceaux brisés. Ajoutez à cela une dose d’amour, de gratitude pour sa femme et ses enfants, et vous obtenez un disque qui apaise, réconforte et élève l’âme

 

Sur Natural Light, Dan Mangan renoue avec la douceur de son folk intime : guitares acoustiques feutrées, piano caressant, cordes lumineuses et éclats de cuivres subtilement dispersés viennent enrichir des ballades instinctives, pleines de délicatesse.
Ces chansons procurent un profond sentiment de bien-être, dans la lignée de ce que proposent des artistes comme Leif Vollebekk ou Bahamas.
Porté par une section rythmique basse-batterie et des claviers empreints d’une touche soul, l’album a été capté dans une même pièce, en prise directe, pour préserver la spontanéité et laisser la musique s’épanouir naturellement.

Ici, ne cherchez pas de montées dramatiques ni de constructions progressives comme sur certains de ses albums précédents. Natural Light choisit la simplicité lumineuse et résonne comme un refuge sonore : un espace apaisant, chaleureux, où chaque note invite à la quiétude.

Dan Mangan chante à l’unisson avec les battements de son cœur, livrant des chansons qui racontent un monde en plein effondrement, à la recherche des fragments d’amour qu’il nous reste pour continuer d’y croire.
Natural Light est un chef-d’œuvre d’une beauté discrète et essentielle, un album qu’on écoute encore et encore — comme on revient à une lumière douce au creux de l’obscurité.
Fermez les yeux, tamisez la lumière, et laissez sa voix, semblable à un murmure d’un autre monde, vous guider vers la clarté naturelle de sa musique.

Chansons favorites :

  • Melody
  • I Hated Love Songs
  • Diminishing Returns
  • Soapbox
  • Cut the Brakes
  • No Such Thing as Wasted Love
  • Sound the Alarm
  • It Might Be Raining