
L’auteur-compositeur-interprète David Jalbert approche les 20 ans de carrière, et il les porte avec panache.
Depuis ses débuts, il nous emballe avec son folk festif et sincère, posant un regard lucide sur le monde — souvent ponctué d’un doigt d’honneur bien senti.
Après sept albums, il s’offre toute une virée avec ce huitième opus, qui célèbre à la fois le goût de la fête et les sonorités rebelles et enivrantes de la Nouvelle-Orléans.
Voici donc son album le plus ambitieux — et le plus festif — à ce jour : New Orleans – C’est la vie.
Un disque de huit pièces qui, comme son nom l’indique, plonge tête première dans les racines musicales louisianaises : bluegrass, jazz marécageux et, bien sûr, un bon fond de folk americana.
Réalisé par Jeff Grenier — son fidèle complice depuis Des histoires (2008) — (Vilain Pingouin, Hugo Lapointe, Laurence Doire, Bronko, William Deslauriers…), l’album a vu le jour au Studio Monocube.
Sur ce nouveau chapitre, Jalbert poursuit son art de raconter la vie dans toute sa vérité : il chante la bêtise humaine, les surprises du quotidien, la famille qui s’agrandit (y compris son public fidèle), les petits bonheurs à cueillir, l’amour qui chamboule tout… et bien sûr, l’oncle Edmond, un personnage haut en couleur devenu incontournable.
Il tisse des histoires rocambolesques où les virées de fin de soirée croisent les visages marquants de la vie, forgeant un univers à son image : authentique, festif et irrévérencieux.
Plus qu’un album, c’est une déclaration d’amour à la vie, une grande fête digne des Mardi gras de Bourbon Street.
Avec sa plume pleine d’autodérision et sa poésie franche, Jalbert s’amuse, et nous embarque avec lui, sourire en coin et cœur léger.
Deux reprises viennent pimenter l’expérience : une version française bien relevée de Jambalaya (popularisée ici par Daniel (1971)) et Mon oncle Edmond, hommage vibrant au regretté Jean Lapointe.

Et c’est musicalement qu’il se paie la plus belle des virées. Inspiré par un voyage marquant en Louisiane, il propulse son folk dans une déferlante d’énergie, épaulé par un orchestre costaud digne des plus grands party de cajun.
Entre guitares groovy, jazz swing, blues rugueux, folk-rock nerveux, banjo effervescent, cuivres et violons flamboyants, batterie qui swing et une touche de piano boogie-soul, c’est une véritable explosion sonore.
Sa voix rauque se fond à merveille dans cette mixture chaude et relevée, aussi savoureuse qu’un bon jambalaya maison.
On navigue quelque part entre Salebarbes, Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, Stephen Faulkner, Plume Latraverse et les cuivres enivrés de la Preservation Hall Jazz Band.
C’est un virage complet : David Jalbert s’éloigne de ses anciens repères pour plonger corps et âme dans une aventure musicale louisianaise, festive et effervescente.
Un pari complètement réussi — haut en couleur, en cuivres et en chaleur.
Il garde son cœur tourné vers la fête… et nous donne furieusement envie d’y être aussi.
Chansons coups de cœur :
Y’en aura pas d’facile
La bêtise humaine
Donne-moé d’l’amour
Alléluia
La famille s’agrandit
Jambalaya
Maudit bonasse