[Critique] Durand Jones & The Indications-Flowers

 

Depuis la sortie de leur premier album éponyme en 2016, Durand Jones & The Indications ont su conquérir un large public et séduire la critique grâce à une soul vintage revisitée avec une fraîcheur contemporaine.
Avec American Love Call (2019), leur deuxième opus, ils ont étendu leur base de fans à travers le monde, avant de s’aventurer sur des territoires disco-funk sensuels et raffinés avec Private Space (2021).
Après une pause consacrée à divers projets solos — dont un album de jazz instrumental — le trio composé de Durand Jones, Aaron Frazer et Blake Rhein revient en force avec Flowers, leur quatrième album entièrement autoproduit.

Composé de onze morceaux de R&B et soul aux textures riches et onctueuses, Flowers évolue dans un univers de rythmes disco low-tempo, à la fois immersifs et enveloppants.

L’esprit décontracté de la soul des années 70 s’y ressent intensément, notamment à travers des refrains captivants qui évoquent les grands noms du genre.
Entre Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Temptations, The Four Tops, Al Green et Curtis Mayfield, le groupe insuffle une authenticité vibrante tout en affirmant son indépendance artistique avec une audace renouvelée.

Enregistré majoritairement dans le studio de Blake Rhein à Chicago, Flowers marque le retour du groupe après une période dédiée à des projets solos marquants : le soyeux Introducing… (2021) et le lumineux Into The Blue (2024) d’Aaron Frazer, le cru et intime Wait Til I Get Over de Durand Jones, ainsi que l’exquis album instrumental jazz-soul Magnolia de Steve Okonski, également contributeur à ce nouvel opus.

Chacun de ces parcours a laissé son empreinte, et sur Flowers, tout s’enchaîne avec fluidité, tout en restant profondément ancré dans une soul vintage authentique.

Durand Jones & The Indications proposent des titres soul sensuels, où désir et amour secret se mêlent, tandis que d’autres explorent la désillusion amoureuse, celle d’un élu qui ne l’était finalement pas.
Mais cet album est aussi une quête de développement personnel et de compréhension de soi, sans faux-semblants ni drames.

Dès la première écoute, une maturité nouvelle se fait sentir dans leurs textes.

Flowers déploie une écriture fine et nuancée, qui explore avec justesse les différentes facettes de l’amour.

 

 

 

Musicalement, l’album bénéficie de synthés analogiques, de cordes chaleureuses et de chœurs enveloppants qui lui confèrent une atmosphère vintage luxuriante.

On y retrouve également des guitares savoureuses mêlant jazz, soul et funk, ainsi qu’une batterie disco-funk toute en douceur, signature du groupe.
Le duo vocal Jones-Frazer fonctionne à merveille, renforcé par la contribution exceptionnelle de Steve Okonski aux claviers et piano, ainsi que de Michael Montgomery à la basse funky.

Avec Flowers, le trio offre un bouquet de titres soul vintage élégants et décontractés, juste assez funky pour faire bouger les hanches sur la piste de danse comme dans l’intimité d’une chambre à coucher.

Durand Jones & The Indications poursuivent leur mission de séduire nos sens auditifs grâce à un charisme irrésistible, portant avec passion l’héritage d’une musique d’antan tout en embrassant résolument le futur.

10/10

Chansons favorites :

  • I Need The Answer
  • Paradise
  • Flower Moon
  • Lovers’ Holiday
  • Really Wanna Be With You
  • Been So Long
  • Rust and Still
  • If Not For Love