Émile Bilodeau-Au Bar des Espoir

 

 

 

Depuis maintenant une décennie, l’auteur, compositeur et interprète Émile Bilodeau laisse son empreinte chaotique partout où il passe, notamment grâce à ses précédents albums : « Rite de Passage » (2017), « Grandeur Nature » (2019), « Petite Nature » (2021) et « Tout seul comme un grand » (2022). Ces œuvres incroyablement authentiques ont marqué le paysage québécois, tout comme ses convictions politiques ouvertement exprimées, qui ont également contribué à sa renommée.

Depuis 2021, l’artiste s’est engagé dans une véritable frénésie de sorties d’albums, et aujourd’hui, il nous présente son cinquième opus, qui représente l’aboutissement de l’engagement que ses chansons cherchent à transmettre.

Voici « Au Bar des Espoirs », un album composé de 12 morceaux qui naviguent entre le rock ‘n’ roll vintage, le blues, le folk country, et qui incorporent même une légère touche de yéyé et de jazz, tout en demeurant fidèles à l’essence de son style, qui se caractérise par des accords ensoleillés et énergisants.

On pourrait dire qu’il s’inscrit quelque part entre Stephen Faulkner, Charlebois, Les Colocs et Beau Dommage.

Pour cet opus, Émile Bilodeau s’est entouré de Simon Kearney à la réalisation, et de Ghyslain-Luc Lavigne à la prise de son et au mixage.

Bilodeau nous livre ici une collection de chansons puisées dans son propre univers, teintées d’humour et d’une profonde réflexion.
Il explore les crises existentielles, l’amour en état de chaos, l’amitié avec ses paris inhabituels, les frontières de la langue, la vie d’un barman du côté de son comptoir, et son combat pour sa patrie.
C’est aussi une exploration de l’espoir et de son opposé, qui se trouvent souvent proches l’un de l’autre, tout comme l’ombre de nos petits soucis quotidiens qui nous guette à l’intersection de nos vies.

Sans verser dans la noirceur excessive, Bilodeau souligne subtilement nos vulnérabilités, nous incitant à nous regarder nous-mêmes.

La grande force de Bilodeau, accompagné de sa guitare, perdure, et il continue d’évoluer dans une musique engagée, organique et enjouée, tout en maintenant la lucidité de ses paroles.

Il est vrai que son album précédent, « Tout seul comme un grand », n’avait pas vraiment retenu l’attention, mais ce cinquième opus nous replonge complètement dans la vibe contagieuse que j’apprécie tant chez lui.

 

 

 

Sur le plan musical, la puissance des guitares et du banjo, la basse rythmée et la batterie sont bien présentes, agrémentées de touches pianistiques rappelant la soul ou l’ambiance piano-bar.

De plus, on peut sentir tout au long de l’album une subtile fragrance des années 60-70 qui plane dans son folk rock franc, agrémenté de « sha la la sha la la » et des cuivres entre les refrains Encore une fois, lorsque j’écoute Émile Bilodeau, j’entends l’éloquence de Leclerc, l’audace de Leloup et le côté humoristique et combatif de Brach.
Tous ces éléments s’entrelacent harmonieusement dans son univers musical qui se redéfinit à chaque album, toujours plus près de l’image qu’il souhaite projeter.Après une décennie à observer la vie évoluer sous tous ses aspects, le succès le faisant voyager, Émile Bilodeau a mûri et trouvé un bel équilibre.

Au Bar des Espoirs est un album folk pertinent qui nous permet de garder espoir dans le monde d’aujourd’hui tout en nous incitant à réfléchir sur certains de nos comportements. Le tout est réalisé avec une touche de légèreté qui nous fait sourire tout au long de l’écoute.

 

Mes chansons favorites :

Mes chansons favorites :
– Malentendu
– Quatre vérités sur la jalousie
– Compromis
– L’amour au temps de la fin des temps
– Ayayaille
– Fleuve
-Mauvais temps

-Y faut c’qui faut