Éric Lapointe Je marche dans ma vie

 

 

 

 

Il  est indéniable  : Éric Lapointe continue d’attirer un vif intérêt des médias, que ce soit intentionnellement ou non.
Après avoir plaidé coupable pour voies de fait contre une femme, pendant une période marquée par la pandémie, et son album Entracte (2021) où il revisite ses chansons en version acoustique, le rockeur au cœur sombre refait surface.

Je ne m’attarderai pas sur cette partie, car il y a d’autres personnes mieux placées pour en parler plus franchement.

Aujourd’hui, à l’âge de 53 ans, le chanteur sort son neuvième album, suscitant d’énormes attentes, tant de la part de son public que du reste du monde musical, tel un phare dans la nuit.

Voyons donc si sa musique est à la hauteur de mes attentes.

Voici Je marche dans ma vie, une collection de 11 morceaux qui naviguent entre le rock lourd et sombre, les ballades intimes pour les âmes solitaires, le folk country imprégné d’une touche d’alcool et de nostalgie, ainsi que des accents audacieux de musique latine et de chansons françaises.

Ce voyage musical est agrémenté de reprises de chansons emblématiques de Jean-Pierre Ferland (Marée Basse), ainsi que de morceaux issus de la célèbre comédie musicale Notre Dame de Paris signée Richard Cocciante et Luc Plamondon (Tu vas me détruire).

Cet album est le fruit d’une collaboration exceptionnelle avec des auteurs de renom tels que Lynda Lemay, Michel Rivard, Rick Pagano, Jason Neil-Tremblay, Guillaume Cyr, ainsi que son fidèle complice et frère de toujours, le virtuose Stéphane Dufour, qui réalise l’album aux côtés de Lapointe.

Avec sa voix écorchée par les tourments, Lapointe chante l’amour pour apaiser les démons qui le dévorent de plus en plus chaque jour. Il nous offre un bilan sincère de sa vie, où il avance en acceptant les défis, qu’il s’agisse de la pandémie ou des moments où il faut plier sous le poids des conflits et des deuils, quelle que soit leur forme.

Depuis l’album Délivrance (2018), j’ai le sentiment de retrouver un personnage qui parcourt inlassablement les mêmes sentiers, préservant ainsi l’essence du rockeur que nous connaissons depuis trois décennies.

Avec son neuvième opus, l’artiste fait le choix de chansons moins tumultueuses, préférant se plonger dans des ballades empreintes de vulnérabilité.

Pourtant, il reste fidèle à l’essence du rock qui caractérise Éric Lapointe, avec des guitares puissantes signées par le virtuose Stéphane Dufour.

À travers cette écoute, on découvre un artiste qui a certes une bête à nourrir, mais surtout un homme en pleine marche dans sa vie, acceptant sa position présente avec toute sa maturité.

La chanson titre elle-même fait usage de la poésie, adoptant une forme narrative, ce qui confère un esprit très à la manière de Johnny Hallyday.

 

 

 

 

 

 

Ceci étant dit, je n’irais pas jusqu’à prétendre que cet album marquera incontestablement son retour en force et lui permettra de se faire pardonner, car il fait ce qu’il veut de toute façon.

Je marche dans ma vie est un album d’Éric Lapointe qui, bien qu’il rétablisse l’équilibre, n’a pas réussi à susciter en moi le même frisson que d’autres albums phares de son répertoire, tels qu’Obsessions (1994), Invitez les vautours (1996), À l’ombre de l’ange (1999) et Le ciel de mes combats (2010).

Pour certains d’entre vous, il s’agit peut-être d’un autre album puissant d’Éric Lapointe, mais pour moi, c’est simplement un rocker qui essaie de s’offrir un amarrage avant la marée haute.

 

Chansons favorites :

Dernier Whisky
Fantôme de Verchères
Bête à nourrir
Ouvre-moi