
En pleine tournée pour son flamboyant The Big Bottle of Joy (2023), Matt Andersen engage une conversation déterminante avec le réalisateur et percussionniste Joshua Van Tassel. Ce dernier lui propose de s’inspirer de ces instants suspendus où la voix se pose, laissant place à une intimité rare, presque sacrée. Une simple idée qui allume chez Andersen une nouvelle étincelle créative.
Après avoir chanté le blues dans les bars les plus poussiéreux et roulé sa bosse sur les routes cabossées de la vie, le musicien canadien revient avec un onzième album qui marque un tournant : The Hammer & The Roses. Un disque profond et touchant, où il renoue avec sa vulnérabilité et met à nu son âme d’auteur.
The Hammer & The Roses propose dix titres où se mêlent soul, folk, blues et country, dans un équilibre feutré empreint de douceur. Ce choix d’épuration met en valeur sa voix grave et chaleureuse, semblable à une braise qui consume lentement nos blessures. Une voix inaltérable, enracinée dans un gospel soul profondément ressenti.
Réalisé par Joshua Van Tassel au Hard Scrabble Studio, à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, The Hammer & The Roses s’appuie sur un casting cinq étoiles : Van Tassel à la batterie, Aaron Comeau aux claviers (Fender Rhodes, Hammond B3), Afie Jurvanen – alias Bahamas – à la guitare acoustique, Christine Bougie (également collaboratrice de Bahamas) au lap steel et à la guitare, et Kyle Cunjack à la basse.
Matt Andersen signe également plusieurs morceaux en coécriture avec Steve Dawson, Terra Lightfoot, David Myles, Chris Kirby et Dave Gunning. Ensemble, ils façonnent des chansons introspectives, pleines de lumière et de mélancolie, qui racontent les embûches de la vie, les élans de l’amour et cette nostalgie tenace propre au blues.
Des hymnes à la résilience, à l’acceptation des émotions qui nous submergent, et au refus de se laisser miner par la négativité des autres, parfois terriblement polarisante.
Et pour couronner le tout, Andersen nous offre une reprise bouleversante de Magnolia de JJ Cale.

Sur le plan musical, Matt Andersen propose une enveloppe acoustique chaleureuse et enveloppante, soutenue par un ensemble de musiciens triés sur le volet. Sa voix, puissante et désarmante, s’exprime avec une intensité rare dans des ballades soul-folk d’une beauté à la fois brute, spontanée et profondément organique.
Quelques accents funk-soul acoustiques ponctuent l’album avec finesse, apportant du contraste sans jamais briser l’élan des ballades intimistes.
Ici, l’artiste mise sur la finesse et la retenue, privilégiant des arrangements tout en nuances. Cela lui sied à merveille. Même si on adore le retrouver dans ses élans blues énergiques, c’est dans ces instants de vulnérabilité assumée, quand il laisse parler son cœur aussi grand que sa voix, qu’il nous bouleverse le plus.
The Hammer & The Roses est un album soul-folk-blues qui révèle une sensibilité nouvelle, tout en restant fidèle à l’âme profonde de la musique de Matt Andersen.
Chansons favorites :
– Magnolia
– The Hammer & The Roses
– Wayaheadaya
– Hold On To Me
– You’re Here To Stay