Post Malone- F-1 Trillion

L’idée était dans l’air depuis 2015. Lors d’une entrevue, Austin Richard Post, mieux connu sous le nom de Post Malone, exprimait déjà son amour pour la musique country alors qu’il dominait les palmarès avec son hip-hop. Il était donc prévisible qu’il finirait par se lancer dans ce genre.

Avec le temps, la musique country a gagné en popularité, notamment grâce à des artistes comme Chris Stapleton qui ont défié l’hégémonie de la pop.

Aujourd’hui, Post Malone se réinvente en chanteur folk-country avec un premier album dans ce style tant apprécié aux États-Unis.

Voici F-Trillion, une épopée de 18 titres folk-country, subtilement enrichis de quelques touches de pop habilement intégrées.

Pour ce sixième opus de sa carrière, Malone s’entoure à nouveau de producteurs de renom, dont Louis Bell (Camila Cabello, Taylor Swift, Halsey), Charlie Handsome (Machine Gun Kelly, Kanye West, Morgan Wallen), et Hoskins.

Dans ces nouvelles chansons, l’artiste dévoile ses luttes personnelles : la douleur, la paternité, l’apprentissage de la responsabilité, les relations amoureuses tumultueuses dans lesquelles on persiste malgré les blessures. Il s’ouvre également sur son futur mariage et dédie une ode touchante à sa fille.

Je vais être totalement honnête sur mon ressenti : cet album met tous les moyens en œuvre pour nous captiver.

 

 

 

 

Musicalement, la présence de la country est indéniable et terriblement entraînante. Ce n’est pas surprenant avec une liste d’invités aussi impressionnante, incluant des artistes comme Tim McGraw, Blake Shelton, Chris Stapleton, Morgan Wallen, Luke Combs, Lainey Wilson, Jelly Roll, Hardy, Sierra Ferrell, Ernest, et bien d’autres.

La voix de Malone, à la fois sulfureuse et douce, est malheureusement légèrement modifiée par l’autotune.

À mon avis, cet effet n’a pas sa place dans le country, bien que cela semble être sa marque de fabrique depuis ses débuts.

Je peux comprendre son utilisation dans le hip-hop ou la pop, mais le country mérite d’être authentiquement organique et irréprochable.

Pour le reste, la production est impeccable et efficace.

On retrouve des banjos, des guitares slide et du violon, faisant écho à la nouvelle facette de lui-même que Post Malone embrasse.

Il va même jusqu’à nous offrir une improvisation bluegrass alléchante avec une invitée de renom dans ce style, Billy Strings.

Il semble gagner en profondeur avec cette nouvelle direction country.

Tous les astres semblent alignés pour l’artiste, qui possède le talent pour nous captiver. Cependant, une heure de musique peut sembler longue.

Il y a seulement trois chansons solo de Post Malone sur l’album, et elles sont vraiment intrigantes. J’aurais souhaité en avoir davantage pour mieux saisir l’essence de l’artiste.

Pour l’instant, j’ai l’impression d’écouter une compilation interminable, où la présence de Malone semble parfois éclipsée par celle des nombreux invités.

Malgré tout, je dois dire que F-Trillion est un album de country qui allie les couleurs traditionnelles à une modernité magnétique. C’est également un Post Malone qui entame un nouveau chapitre : il évolue, laissant derrière lui le gangsta rap pour nous offrir une authenticité à apprivoiser. Il troque ses bouteilles de champagne pour un chapeau Stetson et du whisky.

Au milieu des chansons sur les chagrins d’amour compliqués à noyer, ainsi que des clichés du genre, se trouvent des morceaux vulnérables qui donnent envie de découvrir cette facette plus personnelle de Post Malone.

Chansons favorites :
California Sober (en duo avec Chris Stapleton)
Hide My Gun (en duo avec HARDY)
Nosedive (en duo avec Lainey Wilson)
Yours
What Don’t Belong to Me
Devil (en duo avec Ernest)
Never Love You Again (en duo avec Sierra Ferrell)