
Après son incursion dans la musique électronique avec « The Ascension » et « Aporia » en 2020, ainsi que l’énigmatique et méditatif new wave avec « Convocations » en 2021, accompagné de « Reflections », une collaboration avec Timo Andres et Conor Hanick pour un spectacle de ballet de Justin Peck en 2019, l’auteur-compositeur-interprète Sufjan Stevens nous replonge dans un folk intimiste enveloppant avec son dixième album.
« Javelin » propose 10 pièces de indie folk acoustique tissées autour d’arrangements célestes de cordes de chambre et de chœurs angéliques qui soulèvent les refrains, le tout accompagné d’une subtile touche de musique électronique ambiante.
Le multi-instrumentiste de 48 ans nous offre des chansons qui persistent dans sa signature, mélangeant l’amour romantique à la dévotion spirituelle, une profonde mélancolie et le poids du monde sur ses épaules.
Les frontières entre ses émotions à nu et ses réflexions sont sans artifice.

Sur le plan musical, Sufjan propose des couches de guitares et de banjo acoustiques ondoyantes, des chœurs radieux pleins d’espoir, une touche discrète d’électro, sa voix feutrée comme un chuchotement au creux de l’oreille, du piano carillonnant et dénudé, ainsi que des flûtes baroques
Cette dixième offrande se situe quelque part entre les albums « Seven Swans » (2004), « The Age of ADZ » (2010) et « Carrie & Lowell » (2015), créant ainsi un paysage sonore oniriquement riche en émotions.
Non seulement Sufjan Stevens retourne à ses racines les plus magnétisantes, mais il semble y ajouter des éléments qui accroissent l’éloquence de sa musique folk bouleversante.
L’album inclut une reprise de « There’s a World » de Neil Young, tirée de son album « Harvest » de 1972, ainsi qu’une collaboration magistrale avec les chœurs féminins d’Adrienne Maree Brown, Hannah Cohen, Pauline Delassus, Megan Lui, Nedelle Torrisi, et le guitariste Bryce Dessner, qui est également le producteur d’albums pour des artistes tels qu’Ed Sheeran et Taylor Swift, en plus d’être membre de The National.
« Javelin » est un album folk qui oscille entre des moments de douceur grandiose et un naturel qui nous berce dès les premières notes.
Sufjan nous offre ce qu’il fait de mieux : une musique folk tristement belle qui se marie bien à l’automne en plein changement de couleur, tout comme son cœur visiblement.
Note : 10 sur 10
Chansons favorites :
– Genuflecting Ghost
– Will Anybody Ever Love Me?
– A Running Start
– Everything That Rises
– So You Are Tired
– Shit Talk