
Après trois albums décevants et sans saveur comme CYR (2020), Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun, et le triple album ATUM sorti l’année dernière, je me suis demandé si les Smashing Pumpkins étaient encore capables de nous offrir un rock vertigineux et surprenant.
Puis est arrivée cette annonce : Billy Corgan, accompagné de James Iha et Jimmy Chamberlin, sort un nouvel album.
Aucun extrait pour nous donner un avant-goût de la direction musicale, aucun vidéoclip, rien ! Les Smashing Pumpkins reviennent sans leur habituelle parade promotionnelle.
Inutile de dire que l’idée de replonger dans leur musique m’irrite profondément. Mais avant de tourner définitivement la page sur ce groupe rock alternatif de Chicago, voyons ce que ce 13e album a à offrir.
Voici donc Aghori Mhori Mei (un titre énigmatique à l’esprit tordu), un album de 10 titres qui marque le retour des Smashing Pumpkins au rock alternatif avec un son puissant et mélodieux. Les guitares, lourdes et intenses, rappellent leur ancienne gloire tout en apportant une fraîcheur. L’album propose un rock pur et sans artifices, fidèle à l’essence du groupe.
L’album a été produit, écrit et enregistré sur une période de deux ans par Billy Corgan, avec la collaboration de ses camarades, dans un processus musical à la fois méticuleux et approfondi.
Cela se ressent parfaitement dès la première chanson de l’album. Je suis agréablement surpris par le changement de direction d’un groupe que je pensais condamné à nous offrir une version fade de lui-même pour la prochaine décennie, avant de s’éteindre lentement devant nous.
C’est dans un style mêlant tristesse désespérée et beauté insolente, sans concept excessif, que l’album se déploie. Il aborde des thèmes tels que Murnau, l’amour, la religion et la vie de manière directe et percutante.

Musicalement, les Smashing Pumpkins se détachent des influences toxiques pour retrouver un rock mid-tempo gothique et mélodique, évoquant un croisement agressif et instinctif entre Gish (1991), Siamese Dream (1993) et Mellon Collie and the Infinite Sadness (1995). Vous l’aurez compris, à ma grande surprise, Aghori Mhori Mei revient aux sonorités percutantes des années 90, avec des influences évidentes de David Bowie, , Black Sabbath, Tool,Nirvana et Deftones.
C’est comme si Billy, James et Jimmy s’étaient réveillés d’un long coma pour exploser avec un cri existentialiste puissant. L’album propose des guitares stoner rock et psychédéliques, une voix à son apogée, une basse rugueuse, des batteries grunge, quelques touches de synthétiseur subtiles mais non envahissantes, et juste assez de cordes pour offrir un équilibre parfait entre le rock alternatif sombre et les ballades lumineuses.
Vous l’aurez compris, à ma grande surprise, j’ai dévoré Aghori Mhori Mei, qui revient aux sonorités percutantes des années 90.
Les Smashing Pumpkins retrouvent l’énergie brute et sombre qui a façonné leur légende et redonnent vie à leur renommée avec cet album.
Peut-être ai-je été trop rapide à conclure que le groupe était fini. Quoi qu’il en soit, cet album est à la fois mélancolique, étrange et absolument spectaculaire.
C’est le meilleur album qu’ils aient produit depuis une décennie.
Chansons favorites :
– Pentecost
– Pentagrams
– War Dreams Of Itself
– Sighommi
– 999
– Goeth The Fall
– Sicarus
-Who Goes There