
Après avoir offert sa voix énigmatique comme une offrande sur son premier album, « Shades » (2018), réalisé dans un isolement total, l’autrice-compositrice et multi-instrumentiste américano-canadienne Vera Sola renforce encore davantage sa connexion avec sa voix sur son deuxième album.
Dans celui-ci, elle nous transporte dans un véritable tableau cinématographique, entremêlant le romantisme du western avec la tragédie du théâtre.
Intitulé « Peacemaker », ce nom fait référence au Colt Single Action Army, un pistolet revolver surnommé le « Peacemaker » qui était populaire dans le Far West américain.
Cet album présente 11 pièces folk rock orchestrales et psychédéliques, à la fois exquises, granuleuses et personnelles, nous plongeant dans les sonorités envoûtantes des années 60 et 70.
Il mêle habilement le blues, le country, la musique latine, la chanson française et la musique de chambre.
Dès la première écoute, on perçoit les influences présentes et évidentes, et l’artiste assume pleinement ses inspirations telles que la « Symphonie du Nouveau Monde » d’Antonín Dvořák, ainsi que celles de Patsy Cline, Tom Waits et de Lhasa De Sela
Enregistré principalement à l’automne 2019 aux Far Cry Studios de Nashville, Tennessee, et à Los Angeles, Californie.
Cet album est le résultat d’une collaboration entre l’artiste et Kenneth Pattengale du groupe The Milk Carton Kids, mettant en avant sa voix de manière indéniable, notamment derrière ses mélodies sombres, et la propulsant au premier plan.

Tout en conservant l’aspect rugueux de son univers, caractéristique de sa musique, elle continue de transcender à travers ses paroles, explorant le cycle de la vie et son rythme entre le chaos, la colère, l’acceptation des choses, l’amour brillant et désorientant, ainsi que les sentiers sombres du deuil et des tempêtes auxquelles elle a dû faire face. À travers des silhouettes de personnages tordus par l’amour et la douleur, crues au fond de la poitrine.Avec des arrangements de guitares sombres et des percussions craquelantes évoquant des branches dansant dans le vent de l’ouest, se mêlant à la tempête de sable, et le soleil qui brûle nos têtes. Une basse résonne comme un battement de cœur lors d’un duel de tango, accompagnée de cordes cinématographiques et ruisselantes qui font monter les frissons jusqu’à la sueur froide.
Il est difficile de croire qu’il y a peu de temps, elle n’avait pas chanté une seule note en public. Tout est orchestré pour mettre en valeur la voix mystérieuse et profonde de Vera Sola, qui semble gagner en assurance dans son interprétation.
« Peacemaker » est un album à la fois intriguant, audacieux et sombre, une sorte de film composé d’images puissantes et déformées de l’esprit.
Chansons favorites :
– The Line
– I’m Lying
– Get Wise
– Desire Path
– Waiting
– Bird House
– Blood Bond
– Instrument of War