
Date de sortie : 30 juillet
Genre : Blues
Après avoir tiré sa révérence des grandes tournées avec le Damn Farewell Tour, une série de spectacles mémorables qui se sont terminés en apothéose à l’âge de 87 ans — moments magiques que j’ai malheureusement manqués —, Buddy Guy a tenu à préciser qu’il n’en avait pas fini avec la musique.
S’il se retire des longues routes, il reste bien actif sur scène, notamment dans son club à Chicago et dans les festivals de sa région.
Icône du blues, multiple lauréat des Grammy Awards, considéré comme l’un des grands architectes du genre, Buddy Guy est de retour avec un nouvel album.
À ce stade, difficile de tenir le compte : après plus de cinquante disques, il continue de bâtir sa légende avec une passion intacte.
Fraîchement sorti d’une apparition surprise dans le film à succès Sinners de Ryan Coogler, il dévoile Ain’t Done With The Blues, successeur du très acclamé The Blues Don’t Lie (2022), son septième album numéro un au palmarès blues.
À 89 ans, Buddy Guy livre un message limpide : le blues n’a jamais quitté son cœur. Ce nouvel opus en est la preuve éclatante, un disque ancré dans ses racines, toujours aussi puissant et habité.
Ain’t Done With The Blues est une généreuse galette de 18 titres, bercée par un savoureux mélange de blues, de soul et de R&B. On y retrouve tout le mojo de Buddy Guy, porté par des guitares rutilantes et étincelantes, comme seul lui sait les faire résonner.
Pour ce nouveau chapitre, il s’est entouré de son complice de longue date, le producteur et compositeur Tom Hambridge (récompensé aux Grammy Awards), ainsi que de Richard Fleming. Ensemble, ils façonnent un album vibrant, sincère et profondément émotif.
Buddy Guy y rend hommage à ses amis et légendes disparues — Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Little Walter, Sonny Boy Williamson, B.B. King — tout en racontant son propre parcours semé d’embûches. Un récit de résilience, de rêve forgé à force de volonté, et de l’homme debout qu’il est toujours.
C’est aussi un disque de transmission, un acte de foi envers le blues. Une déclaration d’amour à un style qui, selon lui, mérite encore d’être porté bien haut, surtout dans une industrie musicale de plus en plus aseptisée. Il tient ici une promesse faite aux pionniers disparus, et tend la main à celles et ceux qui veulent, demain, faire vibrer cette musique avec la même ferveur.

Musicalement, Buddy Guy s’entoure d’un véritable all-star band, composé de musiciens qui ont marqué les plus grandes scènes. Rob McNelley apporte ses guitares fluides et enivrantes, Kevin McKendree insuffle une touche soul avec ses accords de piano, et Tom Hambridge distille sa magie aux claviers. À cela s’ajoutent des invités de prestige : Joe Walsh (Eagles), les Blind Boys of Alabama, Peter Frampton, Christone « Kingfish » Ingram et Joe Bonamassa.
Et bien sûr, impossible de passer à côté de ses guitares bluesy, puissantes, brûlantes d’émotion, livrant des solos mémorables. Il n’existe aucune intelligence artificielle capable d’inventer la vie, l’âme et l’expérience qui résonnent dans son jeu. Chez Buddy Guy, chaque note est une histoire vraie.
À 89 ans, il continue de nous impressionner avec son blues. Non, il n’en a pas fini — loin de là. À l’écoute de ce disque, une chose saute aux oreilles : le blues fait partie de lui, il coule dans ses veines comme une force vitale.
Dans un monde qui n’écoute plus toujours, Buddy Guy sait encore se faire entendre. Parce qu’il ne joue pas seulement du blues.
Il l’incarne. Et il nous le transmet avec une intensité rare.
Note : 9/10
Chansons favorites :
- Been There Done That
- Blues Chase The Blues Away
- How Blues Is That (feat. Joe Walsh)
- It Keeps Me Young (feat. Peter Frampton)
- I Don’t Forget
- Swamp Poker
- Jesus Loves The Sinner (feat. The Blind Boys Of Alabama)