Date de sortie : 22 août
Genre : Alternative Métal

Si, à chaque album depuis trois décennies, Deftones livre des œuvres musclées et spectaculaires, c’est avec un sens de la mélodie aussi affûté qu’une lame de rasoir un soir d’Halloween.
Cinq ans après Ohms (2020), Chino Moreno, Stephen Carpenter, Abe Cunningham et Frank Delgado reprennent les armes avec un onzième opus qui continue de faire vibrer leur musique rugissante, exploratrice et viscérale.
Voici donc Private Music, un album de 11 pièces ancrées dans un métal alternatif chargé d’électricité, oscillant entre le shoegaze abrasif et un nu metal agressif — une signature sonore héritée de Adrenaline (1995), reconnaissable entre mille.
Pour ce nouvel album, Deftones retrouve le réalisateur Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Trivium, Korn, Mastodon, Ghost, Marilyn Manson, etc.), le cerveau derrière les excellents
Diamond Eyes (2010) et Koi No Yokan (2012).
Ce retour à une collaboration fructueuse marque aussi un retour aux sources, promettant une immersion intense dans leur univers sonore dense, atmosphérique et profondément émotionnel.
Deftones livre ici des chansons à la plume acérée et noire, explorant les méandres de la santé mentale, les cicatrices intérieures et la résilience de l’esprit humain.
Mais Private Music, c’est surtout un album introspectif, personnel, qui tente de transformer l’adversité en beauté, la douleur en catharsis.
Une évolution lyrique remarquable qui pousse encore plus loin leur musique ravageuse.

Musicalement, Deftones reste fidèle à lui-même : un amalgame de riffs lourds et d’envolées aériennes signés Stephen Carpenter, toujours maître dans son art, une batterie grasse, percutante et lugubre pilotée par Abe Cunningham, et des synthés progressifs qui embrasent l’ensemble avec une tension presque cinématographique.
Et bien sûr, la voix de Chino Moreno — rugueuse, sulfureuse — vient transpercer l’âme avec des screams viscéraux et des murmures hantés.
Private Music est une plongée dans les profondeurs d’un son toujours aussi audacieux et sans compromis, définitivement pas pour les cœurs sensibles.
À vrai dire, le seul faux pas dans leur discographie reste Deftones (2003).
Pour le reste, chaque album porte cette force de frappe instinctive, cette intensité rare qui fait du groupe de Sacramento une valeur sûre et incontournable du rock lourd contemporain.
Vous vous posez sûrement la question :
« Est-ce vraiment à la hauteur, ou juste encore une dose du bon vieux Deftones qu’on connaît par cœur ? Est-ce qu’ils réussissent à se réinventer un tant soit peu ? »
La réponse : Private Music prouve que Deftones sait évoluer sans se trahir.
Le groupe embrasse la modernité, tout en préservant sa signature sonore.
Un coup de frais subtil, mais suffisant pour nous en foutre plein la gueule.
J’ai pris mon pied, et pas à moitié.
À vous maintenant de voir si vous êtes prêts pour le grand plongeon… ou si vous préférez rester en surface à juger sans écouter.
Note : 9/10
Chansons favorites :
- Cut Hands
- Souvenir
- My Mind Is A Mountain
- Locked Club
- Infinite Source