[Critique] Crown Lands – Apocalypse


Date de sortie : 15 mai 2026
Genre : Rock progressif

C’est véritablement avec le rugissant Fearless (2023), leur troisième album, que Crown Lands s’est imposé comme l’un des groupes rock les plus explosifs du pays.

Avec leur son fougueux semblant émerger directement des années 70, le duo canadien évoque autant Pink Floyd que Rush, tout en gardant une identité moderne et audacieuse.

Après les deux EP instrumentaux expérimentaux Ritual I et Ritual II (2025), des œuvres ambiantes et new age centrées sur des instruments acoustiques qui, personnellement, avaient moins retenu mon attention, le duo formé de Kevin Comeau et Cody Bowles revient à un rock progressif colossal avec Apocalypse, un quatrième opus qui pousse encore plus loin ses ambitions sonores et narratives.

À travers sept longues pièces riches et ambitieuses, Apocalypse mélange rock progressif musclé, psychédélisme, folk et envolées blues dans une fresque qui rappelle autant Led Zeppelin que King Crimson. L’album agit comme une préquelle à l’univers déjà amorcé dans leurs précédents disques, poursuivant un vaste récit de science-fiction à travers l’espace et le temps.

Enregistré dans le studio personnel de Comeau ainsi qu’à Nashville avec les producteurs David Bottrill et Nick Raskulinecz, le disque possède une production massive, précise et extrêmement dynamique qui donne encore plus de puissance à chacune des compositions.

L’univers d’Apocalypse continue de suivre l’histoire qui se développe depuis la pièce The Oracle sur White Buffalo (2022), alors qu’on traverse de nouveaux labyrinthes d’ennemis et de systèmes oppressants dans une aventure cosmique aussi épique que chaotique.

Mais derrière cette science-fiction grandiose se cache également une réflexion très actuelle sur notre monde : violence, cupidité des grandes puissances et radicalisation s’infiltrent dans les textes. Certaines références deviennent même particulièrement explicites, notamment dans Foot Soldiers Of The Syndicate, où les allusions à U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) et aux dérives du pouvoir américain sont difficilement ignorables.

 

 

Musicalement, le groupe frappe fort.

Les guitares progressives grondent avec intensité tandis que les synthétiseurs rappelant les textures de Genesis ou encore les atmosphères de Vangelis ajoutent une dimension cinématographique impressionnante. Flûte, passages folk acoustiques et explosions psychédéliques cohabitent avec naturel dans cette immense tempête sonore.

Et impossible de ne pas souligner le travail phénoménal de Cody Bowles derrière la batterie et les claviers. Ses performances, aussi techniques qu’intenses, soutiennent parfaitement ces morceaux souvent longs et complexes sans jamais perdre leur impact émotionnel.

À une époque où une partie du rock semble de plus en plus polie et aseptisée, Crown Lands choisit au contraire la démesure, l’audace et la grandeur. Apocalypse rugit avec puissance et rappelle à quel point le rock progressif peut encore être vivant, dangereux et spectaculaire.

8/10

Chansons favorites

  • Black Star
  • The Fall
  • Apocalypse
  • Foot Soldiers Of The Syndicate
  • Through the Looking Glass

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