[Critique] Mathis Akengin – Passage des fleurs

Date de sortie : 2026
Genre : Indie pop

Alors que l’été pointe le bout de son nez avec ses promesses de jardins en fleurs et de festivals baignés de musique scintillante, les sorties d’albums se multiplient. Au milieu de cette effervescence arrive un disque qui a bien failli passer entre les mailles du filet, faute de temps. Ce matin, je me suis enfin arrêté sur le premier opus de l’auteur-compositeur-interprète franco-turc Mathis Akengin, un album intime et profondément cinématographique où le chant libre rencontre des instrumentations foisonnantes.

Voici donc Passage des fleurs, onze pièces qui voyagent entre une indie pop organique, un néoclassique cinématographique, un folk lumineux, un jazz intuitif, la chanson française nostalgique et le slam.

On y retrouve des échos des univers de Patrick Watson, Beirut, Nils Frahm, Ludovico Einaudi, Jacques Brel et Grand Corps Malade.

Réalisé avec son fidèle complice Damien Félix, Passage des fleurs prend la forme d’une bouleversante lettre ouverte adressée à son grand-père turc. Entre les fissures de la mémoire, le passage du temps, les histoires d’amour silencieuses et une vie qui respire à pleins poumons, chaque mot prend son envol, porté par un piano d’une grande délicatesse.

 

 

 

Mathis Akengin dévoile un univers d’une remarquable versatilité où il chante en français, en anglais et en turc. Musicalement, l’album fascine par sa richesse : les percussions immersives, les guitares folk cristallines, le ukulélé, la basse, les nappes de synthétiseurs et le violoncelle composent un paysage sonore aussi complexe qu’hypnotique. Les voix de Nikolas et Claire Passard viennent également enrichir cette œuvre déjà foisonnante.

La voix d’Akengin épouse avec naturel toutes les atmosphères de l’album.

Tantôt fragile, tantôt lumineuse, elle agit comme une lanterne qui éclaire les recoins de la mémoire, toujours enveloppée d’une douce mélancolie.

Avec Passage des fleurs, Mathis Akengin se livre corps et âme dans un premier album magnifique, porté par un magnétisme rare. C’est un voyage où se croisent poésie instrumentale, électro délicate, indie pop sensible, chanson française profondément émouvante et slam inspiré.

Par moments étourdissant tant sa richesse est grande, l’album finit pourtant par nous enraciner dans ses mélodies puissantes et organiques.

Il nous invite à ralentir, à contempler et à laisser la musique nous habiter.

Touchant, vibrant et profondément vivant, Passage des fleurs est un disque où il fait bon s’égarer. Un album qui s’épanouit comme un jardin en été et qui nous rappelle que certains souvenirs continuent de fleurir longtemps après avoir été vécus.

Passage des fleurs est tout cela, et bien davantage, à condition d’oser s’y abandonner, de laisser remonter les souvenirs et les images qui viennent bouleverser le cœur.

Note : 9/10

Chansons favorites :

  • First Floor
  • Voltige
  • L’Illusionniste (feat. Stella Le Page)
  • Passage des fleurs (Çiçek Pasajı)
  • Mute Love
  • Where the Birds Are…
  • …Is Where I Belong
  • Mer D’hiver Ft. Claire Passard
  • Dehors (la nuit est tombée par terre)

 

 

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