[Critique] Nick Hakim – I Can See

Date de sortie : 24 juillet 2026
Genre : Indie folk, soul

Il y a des artistes dont on ignore complètement l’existence jusqu’au jour où un album vient tout bouleverser. On se demande alors comment ils ont pu nous échapper aussi longtemps. Quand cette rencontre arrive, c’est toujours un moment précieux.

Avec son quatrième album, I Can See, Nick Hakim atteint une forme de maturité artistique impressionnante. Il signe une œuvre chaleureuse et hypnotique qui navigue avec élégance entre l’indie folk, la soul, le R&B et le trip-hop.

En douze morceaux, il construit un univers intime porté par des arrangements acoustiques délicats et des atmosphères aériennes. On pense parfois à Chet Faker, Rhye, Khruangbin ou encore Leon Bridges, mais Hakim possède une identité bien à lui.

Sa voix, à la fois fragile, profonde et lumineuse, évoque par moments un jeune Michael Jackson. Elle devient rapidement le fil conducteur de cet album profondément humain.

À l’origine, plusieurs de ces chansons n’étaient que des maquettes enregistrées dans sa chambre. Aujourd’hui, elles ont été magnifiquement développées sans perdre leur parfum psychédélique ni leur authenticité. Entouré du producteur Andrew Sarlo (Big Thief, Dijon), avec des sessions au Sonic Ranch au Texas ainsi que dans plusieurs studios de New York, puis du travail de mixage de Heba Kadry (Ryuichi Sakamoto, Björk), Hakim réussit à préserver toute l’âme de ses compositions.

Sur le plan des textes, I Can See parle de ces instants où la lumière finit par revenir après une longue période de peur, de doute ou d’incertitude. Il est question de guérison, de croissance personnelle, d’amour, de joie et de cette capacité à vivre pleinement le moment présent plutôt que de toujours courir après demain.

L’une des plus belles images de l’album est celle de cette maison imaginaire où l’on peut retrouver les êtres disparus, rire, chanter et partager un dernier moment avec eux. Une idée simple, mais bouleversante.

 

 

 

 

Musicalement, Nick Hakim nous enveloppe de guitares indie folk aériennes, de pianos délicats, de percussions feutrées et d’une basse aux accents funk qui donne du relief à l’ensemble.

Sa voix, d’une richesse remarquable, nous accompagne tout au long de ces douze morceaux.

Plus l’album tourne, plus sa beauté se révèle. C’est une œuvre qui grandit avec chaque écoute.

On en ressort avec une sensation de chaleur intérieure, comme si un ami venait simplement nous prendre dans ses bras après avoir traversé une période difficile.

I Can See est cette accolade musicale qui nous souffle doucement : « Je suis là. »

Réconfortant, psychédélique et profondément sincère, cet album colmate les fissures par lesquelles la noirceur tente parfois de s’infiltrer.

Une œuvre d’indie soul lumineuse, inspirée et habitée, qui s’impose sans difficulté parmi les plus belles sorties de l’année.

À écouter le volume bien ouvert et à laisser chaque note nous parcourir jusqu’au frisson.

10/10

Chansons favorites

  • Know My Name
  • I Can See
  • River Rising
  • Water
  • The Reason
  • Real Here Now

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