[Critique] — Airbourne — Airbourne

Date de sortie : 4 septembre 2026
Genre : Hard rock

S’il y a bien une chose qu’Airbourne n’a jamais oubliée depuis son EP et surtout depuis Runnin’ Wild en 2007, c’est comment foutre le feu avec trois accords, une tonne de décibels et une bonne dose d’adrénaline. Près de deux décennies plus tard, la recette n’a pas changé et, franchement, pourquoi la changer ?

Souvent comparé à AC/DC, Airbourne partage évidemment avec les Australiens ce goût pour le rock direct, graisseux et sans détour. Mais là où certains entendront une simple copie, j’y entends plutôt une énergie électrique, une urgence presque animale qui donne envie de sortir de chez soi, de monter le volume et de faire les 400 coups.

Avec ce sixième album, le groupe ne cherche toujours pas à réinventer la roue.

Et c’est probablement la meilleure décision qu’il pouvait prendre. Airbourne porte simplement le nom du groupe et annonce immédiatement ses couleurs : douze titres qui carburent au hard rock classique, au blues poisseux et à une bonne dose de crasse australienne.

C’est du rock qui arrive avec ses gros sabots et qui ne demande pas la permission avant de rentrer.

Retour aux sources

Pour ce nouvel opus, Airbourne revient à une approche résolument old school. Le groupe a travaillé avec Brian Howes et a enregistré l’album au Music Farm Studio, près de Byron Bay, en Australie.

La production mise également sur du matériel analogique d’époque, notamment la console Neve originale des studios Alberts, celle-là même utilisée pour certains des premiers albums d’AC/DC. Autrement dit, on ne cherche pas ici à polir le rock jusqu’à lui enlever ses crocs.

Mike Fraser s’occupe de l’enregistrement, Zakk Cervini du mixage et Ted Jensen du mastering.

Une équipe qui sait clairement comment faire sonner un mur de guitares sans transformer le tout en bouillie sonore.

Et ça s’entend.

Du rock qui cogne

Airbourne balance une collection d’hymnes qui permet de mettre le quotidien sur pause. Parce qu’après une journée de merde, parfois, ce qu’il faut, ce n’est pas une séance de méditation : c’est une guitare qui hurle dans les enceintes.

La fête est bruyante, sauvage et franchement assumée.

Mais derrière cette avalanche de décibels, le groupe rend également hommage à ceux qui ont pavé la route avant lui. Lemmy Kilmister, Bon Scott et John Bonham sont présents en filigrane dans cette volonté de maintenir vivant un rock viscéral, dangereux et profondément humain.

Airbourne semble également vouloir rappeler une chose toute simple : peu importe ce que les autres pensent, il faut continuer à jouer ce qu’on aime. Ici, le rock’n’roll n’est pas une tendance. C’est une façon de respirer.

Certaines chansons, notamment celles coécrites avec Mutt Lange et Bryan Adams, gagnent d’ailleurs en efficacité et en impact.

Rien de révolutionnaire, certes, mais suffisamment solide pour faire trembler les murs.

 

 

 

 

Musicalement

Airbourne reste fidèle à son ADN.

Les guitares électriques de Joel O’Keeffe et Harriet Samson naviguent entre hard rock lourd et blues enragé. La basse de Jarrad Morrice ajoute cette couche de saleté nécessaire, pendant que Ryan O’Keeffe massacre sa batterie avec cette urgence qui caractérise le groupe.

Et au-dessus de tout ça, il y a la voix de Joel O’Keeffe : rauque, sauvage, titanesque et toujours prête à arracher quelques morceaux de plafond.

Le résultat ressemble à un immense party où personne n’a pensé à prévenir les voisins.

Pas de fioritures. Pas de tentative désespérée de paraître moderne. Juste une grosse tornade sonore qui fait du bien lorsqu’on accepte de se laisser emporter.

Soyons clairs : Airbourne ne cherche pas l’innovation.

Le groupe cherche plutôt à honorer les légendes qui ont donné au rock ses lettres de noblesse et à continuer cette tradition avec ses propres amplis poussés dans le rouge.

On ne va pas dans la dentelle.

On va dans les décibels.

Ça sonne comme des enfants lâchés dans un magasin de bonbons avec une carte de crédit illimitée. Et ici, l’enfer ne prend définitivement pas de vacances.

7/10

Chansons favorites :

Sky High
Gutsy
Here She Comes
Kids in the Candy Store
Alive After Death
Hells Got No Vacancy

 

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