
Date de sortie : 18 septembre 2026
Genre : Folk
Après avoir flirté avec l’électro-pop et la synthwave sur Hyperspace, un album qui m’avait plu sans toutefois réussir à capter complètement mon attention, Beck revient avec Ride Lonesome, son quinzième album studio. Et cette fois, il retourne là où je l’aime particulièrement : dans l’intimité des guitares acoustiques, des mélodies fragiles et d’un folk profondément introspectif.
Pour ce nouvel opus, Beck retrouve Nigel Godrich, avec qui il forme encore une fois un tandem aussi naturel qu’efficace. Leur complicité en studio se fait entendre à chaque détour de l’album.
Avec ses douze chansons, Ride Lonesome nous entraîne dans un folk mélancolique teinté de country et baigné d’une douce nostalgie seventies. Un univers majoritairement acoustique, épuré et atmosphérique qui rappelle inévitablement deux de mes albums préférés de Beck : le magnifique Sea Change (2002) et Morning Phase (2014), pour lesquels j’éprouve encore aujourd’hui un amour inconditionnel.
Dès les premières chansons, Beck installe une atmosphère intime, presque cosmique, où le folk country semble flotter dans un espace hors du temps.
À la réalisation, Nigel Godrich accompagne Beck dans une véritable symbiose, entouré notamment de Smokey Hormel, Joey Waronker, Justin Meldal-Johnsen, Roger Joseph Manning Jr. et Jason Falkner, avec lequel Beck n’avait pas collaboré depuis près d’une décennie.
Mais Ride Lonesome ne se contente pas de revisiter une esthétique qui lui est familière.
Beck semble ici regarder droit devant lui, tout en faisant face à ce qui se trouve derrière.
Le deuil, les pertes, les périodes difficiles, les changements qui nous bousculent et cette impression parfois de devoir avancer à tâtons dans une obscurité dont on ne connaît pas encore la sortie traversent les chansons.
Il y a une tristesse immense sur ce disque.
Mais derrière cette tristesse se cache autre chose : un désir de mouvement.
Le besoin de changer de direction, de quitter le surplace, de retrouver un peu d’air et peut-être, éventuellement, de recommencer à avancer.
Sept ans se sont écoulés depuis son dernier album, et on sent que Beck n’arrive pas devant nous avec exactement le même bagage.
Quelque chose a changé. Il parle de perte, de transformation, du temps qui passe et, surtout, de cette difficile étape qu’est l’acceptation.

Musicalement, c’est d’une beauté désarmante.
Les guitares acoustiques sont délicates, les chœurs psychédéliques semblent dissimuler quelque chose derrière les harmonies, le pedal steel apporte cette couleur country légèrement poussiéreuse et les batteries, souvent retenues, installent une brume permanente autour des chansons.
Puis viennent les arrangements orchestraux, somptueux sans jamais prendre toute la place, qui accompagnent la voix de Beck comme un fil tendu au-dessus du vide.
Une voix funambule qui avance à travers la tristesse comme on avance dans la vie : avec fragilité, mais toujours avec l’impression qu’un pas de plus est possible.
Je vais être complètement franc : Ride Lonesome est triste. Vraiment triste.
On le ressent presque physiquement. Dans les silences, dans les guitares, dans les mots, dans cette façon qu’a Beck de laisser chaque chanson respirer sa mélancolie.
Et pourtant, c’est précisément cette tristesse qui fait la beauté de l’album.
Ride Lonesome est le genre de disque qui ne cherche pas à nous sortir immédiatement de nos nuits sombres.
Il accepte simplement de les traverser avec nous.
Je suis convaincu qu’on parlera beaucoup de cet album dans les prochaines semaines, mais pour moi, il est déjà devenu le compagnon idéal des nuits chaotiques, des moments où les pensées tournent trop vite et où le sommeil refuse de venir.
Ça fait mal par moments.
Mais quelque part derrière les nuages gris, Beck laisse filtrer une petite lumière.
Pas un grand soleil éclatant.
Quelque chose de beaucoup plus fragile : la possibilité d’un renouveau.
J’ai un gros crush violent pour le sad folk de Beck.
Chaque fois qu’il retourne dans cette zone plus dépouillée, mélancolique et introspective, je me laisse embarquer.
Et cette fois encore, je ne regrette absolument pas le voyage.
Ces temps-ci, je vis beaucoup de choses par en dedans. Alors, forcément, Ride Lonesome arrive à un drôle de moment de ma vie.
Pile-poil là où il fallait pour accompagner mes propres réflexions et, peut-être, contribuer à briser doucement le cycle de certaines douleurs.
Excusez ma transparence, mais ce disque m’a profondément touché.
Ride Lonesome est remarquable, émouvant et d’une justesse désarmante.
10/10
Chansons favorites :
- Bleed
- Disappearing Act
- Ride Lonesome
- It Ends Right Here
- Beyond the Light
- In the Night
- If You Don’t Know What Love Is
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