
Date de sortie : 2 septembre 2026
Genre : Indie-pop
L’automne arrive tranquillement et, avec lui, son lot de surprises musicales.
En voici une que je n’avais pas nécessairement vue venir.
Après un Love Lines (2023) que j’avais trouvé plutôt fade et interminable, LP revient avec son huitième album, Room 12, et nous présente cette fois une œuvre beaucoup plus personnelle, intime et vulnérable.
Room 12 plonge directement dans les méandres du cœur.
LP y explore les blessures amoureuses, les moments de tendresse, le chaos, mais aussi cette lente reconstruction qui vient après la tempête.
Elle nous entraîne dans un voyage introspectif où l’indie-pop et l’indie-folk côtoient des sonorités mexicaines, des power ballades luxuriantes, quelques touches de country et une bonne dose de mélancolie.
Pour donner vie à cet album, LP retrouve notamment Mike Del Rio, son complice depuis les débuts, ainsi que PJ Blanco et le multi-instrumentiste Andrew Berkeley.
Cette équipe lui permet de construire un univers musical riche, mais surtout de laisser davantage de place à l’émotion.
LP chante ici sans armure.
Sa voix, toujours aussi haute perchée, puissante et expressive, devient le fil conducteur de cette histoire de résilience.
Elle raconte les intempéries de l’amour, la douleur du chagrin et cette fameuse route vers la guérison.
Et c’est probablement ce qui rend le disque aussi touchant : même si les histoires racontées sont les siennes, elles finissent rapidement par devenir les nôtres.
Il y a quelque chose de familier dans ces textes.
On peut facilement s’y reconnaître, parce que LP ne cherche pas à embellir la douleur.
Elle l’accueille et la transforme en chansons.

Musicalement
Room 12 est porté par des arrangements magnifiques et tout en finesse.
Les guitares acoustiques apportent une chaleur teintée de sonorités mexicaines, tandis que l’harmonica, le ukulélé, les cordes et le piano ajoutent différentes couches d’émotion.
Quelques touches électroniques viennent moderniser l’ensemble et, à certains moments, LP s’aventure même du côté d’un brit-rock aérien.
Les arrangements restent toujours au service des chansons et ne viennent jamais étouffer la voix.
Et quelle voix.
LP retrouve ici une justesse et une liberté qui m’avaient manqué.
Sa puissance est toujours là, mais elle semble cette fois mieux maîtrisée, plus nuancée et surtout plus émotionnelle. Elle ne cherche pas constamment à démontrer ce qu’elle est capable de faire vocalement.
Elle chante simplement ce qu’elle ressent.
Comparativement à ses précédents travaux, j’ai surtout l’impression que LP a décidé de lâcher prise.
Elle ne semble plus courir après le prochain gros succès ou tenter de recréer à tout prix un moment aussi marquant que Lost on You.
Attention, Room 12 possède évidemment son lot de chansons capables de devenir des hymnes pop.
Mais l’objectif semble ailleurs. LP nous offre un album qui parle de son évolution personnelle, de ses blessures et de tout ce qu’elle a appris en chemin.
Elle chante encore le désir fiévreux, les amours impossibles et les relations qui brûlent trop fort.
Mais cette fois, le chagrin d’amour n’est plus présenté comme une destination finale. Il devient une étape.
Une étape vers la croissance, la découverte de soi et la résilience.
Et c’est là que Room 12 me touche particulièrement. LP ne cherche pas la formule parfaite du succès.
Elle choisit plutôt celle de la sincérité. Elle plonge dans ses tourments, les transforme en musique et finit par trouver, quelque part au milieu de tout ça, une petite lumière.
Après ma déception de Love Lines, je dois l’avouer : je ne m’attendais pas à retrouver LP dans une aussi belle forme.
Room 12 n’est peut-être pas son album le plus spectaculaire, mais c’est certainement l’un de ses plus humains.
Note : 8/10
Chansons favorites :
• Love Is All I Have
• Mi Corazón
• Chasing & Waiting
• Don’t Stop
• Shelly
• Best in Life
• Amnesia
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