
Date de sortie : 25 septembre 2026
Genre : Folk
À peine deux ans après nous avoir fait voyager avec le magnifique Sonido Cósmico (2024), les frères Estevan et Alejandro Gutiérrez, ce duo suisso-équatorien qui a le don de faire parler les guitares sans avoir besoin d’un seul mot, revient avec Los Ojos del Cóndor.
Un nouvel album qui plonge encore plus profondément dans leurs racines, leur histoire familiale et ces paysages grandioses de l’Amérique du Sud qui semblent habiter leur musique.
Avec ses 10 pièces, Los Ojos del Cóndor nous ramène dans cet univers instrumental qui leur est propre : une musique cinématographique où les sonorités andines et latines rencontrent le surf rock, le western et quelques touches de soul. Le tout saupoudré de salsa et de cumbia aux couleurs des années 70.
Une fois de plus, les frères Gutiérrez retrouvent Dan Auerbach, la moitié des Black Keys, mais surtout le musicien, producteur et visionnaire derrière Easy Eye Sound, à Nashville.
Un complice de longue date avec qui ils semblent avoir développé un langage musical qui ne demande aucune traduction.
C’est d’ailleurs dans les murs d’Easy Eye Sound que l’album a pris forme, captant cette impression de voyage qui accompagne chacune de leurs compositions.
Pour ce septième album en carrière, Estevan et Alejandro retournent à leurs origines équatoriennes et péruviennes. Une véritable déclaration d’amour à leur histoire familiale, rendant hommage aux racines équatoriennes de leur mère et aux origines péruviennes de leur arrière-grand-père.

Musicalement, les deux frères continuent de faire parler leurs instruments avec une remarquable finesse.
La guitare à cordes de nylon d’Estevan, celle que son père lui avait offerte lorsqu’il était enfant, apporte une chaleur particulière aux compositions. Alejandro, de son côté, introduit le charango, cet instrument traditionnel des Andes qui donne au disque une couleur encore plus profonde et organique.
Les orgues viennent envelopper certaines pièces d’une douce chaleur, tandis que la cumbia et la milonga argentine traversent l’album comme des parfums venus de loin.
Ce qui frappe surtout chez Hermanos Gutiérrez, c’est cette capacité à raconter une histoire sans prononcer un seul mot.
Leurs guitares deviennent des voix. Elles galopent, respirent, pleurent parfois et nous transportent dans des paysages imaginaires où le soleil semble toujours sur le point de se coucher.
Est-ce que le duo réinvente complètement sa formule ? Pas vraiment.
Mais est-ce nécessaire ?
Je ne crois pas.
Parce que leur musique possède cette chose rare : une identité immédiatement reconnaissable et cette capacité à procurer un sentiment de bien-être presque instantané.
La complicité avec Dan Auerbach se fait encore sentir à chaque détour. Rien ne semble inutile ou surchargé. Chaque instrument trouve sa place, chaque silence laisse respirer la mélodie.
Los Ojos del Cóndor poursuit donc cette belle aventure avec une musique toujours aussi hypnotique, chaleureuse et cinématographique.
Entre la danse du vent, les paysages de leurs origines et les liens du sang qui traversent les générations, il y a quelque chose de profondément humain dans cet album.
Quelque chose de vrai, d’enraciné et de paisible.
Hermanos Gutiérrez ne nous demande pas de courir après la musique. Au contraire, ils nous invitent à ralentir, à fermer les yeux et à partir avec eux.
Et franchement, quel beau voyage.
Note : 8/10
Chansons favorites :
• Los Andes.
• Canto Andino.
• Alma Mía.
• Los Ojos del Cóndor.
• La Danza del Viento.
Be the first to comment