[Critique] Émile Parisien — Floating

 

 

 

Même dans cette période sombre de notre époque, il y a toujours de belles découvertes à faire pour nourrir notre appétit musical.

Oui, on parle encore de cette époque où le monde semble perdre la tête.

Quand on en est rendu à mettre une exécution en direct en guise de spectacle, aussi cruelle qu’inutile, je me demande sincèrement où va le monde.

Enfin bref, heureusement, de belles surprises surgissent parfois de nulle part, et Floating en est une qui fait du bien à entendre.

Je ne m’étais jamais autant plongé dans l’univers du saxophoniste soprano français Émile Parisien, un musicien remarquable qui explore le jazz de chambre, le jazz contemporain et l’improvisation sans jamais se laisser enfermer dans une étiquette.

J’avais déjà apprécié sa musique, mais je ne m’étais pas encore complètement abandonné à son univers.

Qu’on se le dise, Émile Parisien a développé, au fil de ses albums, un langage musical bien à lui.

Avec Floating, il nous propose un projet en quatuor aussi inattendu que fascinant, réunissant le pianiste Yaron Herman, la contrebassiste Linda May Han Oh et le joueur de tabla Prabhu Edouard.

C’est lors de la clôture de la résidence de deux ans de Parisien à la Cité internationale des arts de Paris que la magie a véritablement opéré.

La complicité entre les musiciens était au rendez-vous et il n’en fallait pas plus pour que cette nouvelle famille musicale se retrouve en studio afin d’explorer ensemble un monde de possibilités.

Voici donc Floating, un album de 11 pièces qui nous entraîne dans une véritable explosion de saveurs musicales.

Le jazz contemporain s’y mêle aux rythmes voyageurs des tablas, aux notes de piano qui naviguent entre jazz et musique de chambre, ainsi qu’à une multitude de surprises qui rendent l’écoute particulièrement riche, en passant par les musiques du monde, les touches électro-acoustiques et les traditions indiennes.

L’album propose neuf compositions originales et deux reprises soigneusement choisies, associées aux œuvres de Georges Ivanovitch Gurdjieff et du compositeur classique Thomas de Hartmann.

Le tout se déploie dans un souffle d’improvisation où l’on ressent pleinement l’alchimie entre les musiciens.

Enregistré du 14 au 16 mars 2026 par Boris Darley et Bertrand Härdi au Studio Gil Evans d’Amiens.

 

 

Musicalement, le jazz devient ici un voyage en apesanteur, un vaisseau spatial intemporel qui nous transporte d’une pièce à l’autre.

Le saxophone intuitif et puissant d’Émile Parisien dialogue avec les notes du piano de Yaron Herman, tandis que la contrebasse de Linda May Han Oh apporte une profondeur exquise et immersive. De son côté, Prabhu Edouard fait résonner ses tablas avec une maîtrise remarquable, ajoutant des rythmes qui donnent à l’ensemble une couleur singulière.

Plus on écoute Floating, plus on se laisse emporter par cette conversation musicale qui ne cesse de nous surprendre.

Chaque instrument trouve sa place, chaque détour nous entraîne ailleurs et cette liberté d’improvisation donne à l’album toute sa force.

Même si Émile Parisien est reconnu pour ses collaborations fructueuses et ses albums magistraux, je devrai prendre le temps de me pencher davantage sur sa discographie.

Pour le moment, Floating retient toute mon attention et nourrit mon amour pour ce jazz éclatant, libre et audacieux.

Voilà une belle surprise musicale de l’année! Floating est un album irrésistible qui repousse les limites du genre sans perdre son âme.

Le quatuor brille par la fluidité de son dialogue, sa complicité et sa capacité à nous faire voyager dans un univers sonore fascinant.

Note : 10/10

Chansons favorites :

  • Bonbon
  • Portal
  • El Toro
  • Badhra
  • Ruth

 

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