[Critique humour] Groulx : Trop longtemps seul, entre rire et nostalgie

Le retour de Patrick Groulx sur scène avec Trop longtemps seul était attendu.

Au Théâtre St-Denis, l’énergie est palpable dès les premières minutes.

Après un spectacle plus stand-up avec Groulx, il revient à un mélange qui lui va comme un gant : musique, humour et personnages déjantés, guitare à l’épaule, attitude de rock star incluse.

Le retour du curé marque un des grands moments de la soirée.

Un personnage plus trash, plus libre, qui observe le monde avec un regard acide sur les changements actuels.

Son « vos yeules » déclenche une explosion de rires. La salle est conquise.

Groulx reste solide. Très solide. Énergie constante, rythme bien tenu, folie assumée.

Dans ce nouveau spectacle, il se dévoile davantage.

La cinquantaine, les enfants partis, la vie qui change, l’amour à distance avec sa blonde Chéli.

Rien n’est survolé, tout est ancré dans le vécu.

Il aborde aussi les dates gênantes, les relations modernes, les réseaux sociaux et leurs excès, sans oublier les “amies tata” et le retour improbable du brigadier après 22 ans — personnage culte pour son père comme pour le public.

Un petit blanc de mémoire survient.

Il ne tombe jamais. Il rebondit immédiatement. La salle suit, rit, repart.

Sa force est intacte : transformer le malaise du quotidien en humour direct, accessible, efficace.

Il glisse aussi une réflexion plus douce sur la solitude après une séparation.

Moment plus calme, mais jamais lourd.

Toujours juste.

 

 

 

On retrouve l’ADN Groulx Luxe : absurde, tendre, légèrement décalé.

Une signature bien assumée.

La mise en scène est minimaliste : huit écrans, un tabouret, un micro.

Rien de plus. Tout est pour le texte et le jeu. Et ça fonctionne.

Moment fort : les vidéos Instagram et TikTok de déclarations d’amour sur les mêmes chansons.

(A Thousand Years, Dragostea Din Tei).

Il en fait un numéro complètement burlesque, courant, jouant avec les ombres, poussant le ridicule jusqu’au bout. Et ça marche.

 

 

 

Entre autodérision et moments plus touchants, Groulx dessine un portrait humain, sincère, sans filtre inutile.

Les voitures électriques qui sonnent comme le début de Bohemian Rhapsody de Queen, Josiane, Léo.

 

 

Les hommages à sa famille ajoutent une couche de vérité au spectacle.

Derrière le comique, il y a quelqu’un qui regarde le temps passer.

Ce n’est pas parfait. Mais ce n’est pas le but.

C’est vivant, drôle, parfois touchant, souvent très juste.

Et surtout : Groulx est clairement heureux d’être là.

Et ça, ça se transmet directement au public.

On ressort avec le sourire estampé dans le visage et une envie de faire un gros câlin à tout le monde comme dans le temps.

 

 

 

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