
Date de sortie : 10 juillet 2026
Genre : Rock
Deux ans après l’excellent No Name (2024), véritable album surprise qui m’avait complètement renversé, Jack White revient avec un septième album solo qui poursuit sur cette lancée.
Toujours aussi imprévisible, il continue de façonner un rock-blues abrasif qui bouscule les conventions sans perdre une once de son identité.
Avec ses 13 morceaux, Frozen Charlotte déborde d’énergie.
Le disque fait cohabiter un rock frénétique, un delta blues bouillonnant, des élans punk et quelques touches de rockabilly.
Sans chercher à réinventer sa recette, White affine encore une fois un son brut, nerveux et explosif, tout en s’autorisant quelques détours qui enrichissent l’ensemble sans jamais diluer son intensité.
Enregistré au Third Man Studio, à Nashville, l’album conserve cette signature sonore sale, rugueuse et organique qui caractérise si bien l’univers de Jack White.
Le titre Frozen Charlotte fait référence à une ballade folklorique du XIXe siècle ainsi qu’à une poupée en porcelaine de l’époque victorienne, toutes deux inspirées du destin tragique d’une jeune fille morte de froid.
Cette imagerie nourrit un album où White aborde les origines de l’humanité, les nouveaux départs, les manipulations de l’esprit ainsi que des critiques politiques et culturelles particulièrement mordantes, notamment à l’égard du projet de Donald Trump visant à faire apparaître sa signature sur les billets de banque américains. Son écriture demeure engagée, imagée et toujours aussi incisive.

Musicalement, Jack White frappe fort.
Les guitares sont rugissantes, saturées et traversées par un blues crasseux qui donne tout son caractère au disque. Il peut compter sur une formation redoutable : Patrick Keeler propulse les morceaux avec une batterie puissante, Dominic Davis apporte une basse profondément groovy, tandis que Bobby Emmett colore le tout de claviers aussi élégants qu’efficaces.
Le résultat est sans appel : la chimie entre les musiciens est évidente et le groupe déploie un rock féroce qui ne perd jamais son souffle.
La voix de Jack White, toujours aussi écorchée et colérique, domine l’ensemble avec une présence impressionnante. Son interprétation, à la fois théâtrale et instinctive, demeure l’une de ses plus grandes forces.
Certes, Frozen Charlotte ne révolutionne pas ce que White proposait déjà sur No Name, mais il confirme que cette formule fonctionne admirablement.
Entre récits étranges, atmosphères quasi post-apocalyptiques et déferlantes de blues-rock sauvage, Jack White livre un album dense, électrique et viscéralement vivant.
Ce n’est peut-être pas son disque le plus audacieux, mais il rappelle avec force pourquoi il demeure l’un des plus grands artisans du rock contemporain.
Note : 9/10
Chansons favorites
- Making Contact
- Nobody Knows
- G.O.D. and the Broken Ribs
- There’s Nobody There
- You’ll Never Fix Me
- Derecho Demonico
- Dollar Bill
Be the first to comment