[Critique] Joep Beving — Liminal

Date de sortie : 20 mars 2026
Genre : Classique / néoclassique

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attiré — que dis-je, magnétisé — par le piano, cet instrument qui semble capable de peindre, de façon presque symbolique, la mélancolie au bout des doigts.

Erik Satie, Philip Glass, Patrick Watson, Alexandra Stréliski, Jean-Michel Blais, Stephan Moccio, Ólafur Arnalds, Nils Frahm, Sofiane Pamart…

Tous ces artistes ont su trouver une façon bien particulière de rendre le piano si évocateur, sans jamais tomber dans l’artifice.

Puis il y a lui : une véritable force de la nature, un pianiste néerlandais nommé Joep Beving, qui nous offre depuis plusieurs années des disques remarquables, capables de faire le pont entre les méandres de notre imagination et les émotions qui nous traversent.

Depuis Solipsisme, paru en 2015, l’artiste n’a cessé d’explorer cette musique classique minimaliste, toujours empreinte d’une profonde sensibilité. Voici donc Liminal, son sixième album, composé de 15 pièces qui voyagent entre néoclassique, ambient, contemporain et quelques effluves de new age. Une œuvre faite d’une chrysalide de douceur, ponctuée d’envolées mélancoliques qui peuvent rappeler, par moments, les grands compositeurs romantiques comme Chopin.

Avec ce sixième album, Beving façonne un univers pianistique qui se construit autour de la connexion entre l’humanité, la nature et la technologie. La logique des machines, à la fois fascinante et inquiétante, devient ici une matière supplémentaire à explorer.

Inspiré notamment par le livre La Renaissance sauvage de Guillaume Logé, l’artiste nous propose un voyage instinctif et contemplatif, où chaque note semble nous inviter à ralentir pour mieux observer ce qui nous entoure.

Musicalement

 

 

 

C’est autour de son piano délicat, accompagné d’effluves électroniques utilisées avec une grande subtilité, que Beving nous convie à entrer dans son univers. Fin maître de son instrument, il navigue quelque part entre la sensibilité de Chopin, la répétition hypnotique de Philip Glass et une approche profondément personnelle du piano contemporain.

Une fois de plus, Joep Beving nous offre un opus doux, rigoureusement structuré, mais surtout profondément humain. Une musique qui ne cherche pas à impressionner, mais plutôt à nous rejoindre.

Si vous avez aimé des albums comme Solipsisme ou Hermétisme, alors cette nouvelle offrande est définitivement pour vous.

Joep Beving est un compositeur audacieux, curieux et incroyablement profond dans sa façon de faire résonner son piano.

Je suis peut-être un peu en retard, mais me voilà enfin pour vous dire que Liminal est d’une grande beauté.

À chacune des écoutes, l’album révèle quelque chose de nouveau.

Une respiration. Une émotion. Une image. Un espace intérieur.

Bref, rien ne devrait vous empêcher d’y accéder.

Note : 10/10

Chansons favorites

  • Elysium
  • When Humans Do Algorithm
  • Arcadia
  • From Where One Heart, the Will Hear the Willow Speak
  • Play
  • Immanence
  • Through the Looking Glass

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