Date de sortie : 6 novembre 2026
Genre : Rock
Après un quatrième opus, Back to the Water Below (2023), qui renouait avec les sonorités abrasives du rock alternatif et son énergie guitaristique brute, le duo britannique Royal Blood revient à la charge avec un cinquième album intitulé Dead Company.
Au menu : 10 pièces qui nous replongent dans un rock sans compromis, rugueux, nerveux et dépourvu de fla-fla. Ici, pas de détour inutile ni de grandes explorations sonores : le duo mise sur une recette taillée dans l’acier, quelque part entre le rock blues agressif et le punk déchaîné.
Une approche qui rappelle particulièrement l’énergie des premiers albums de Royal Blood, ce tandem redoutable formé du chanteur-bassiste Mike Kerr et du batteur Ben Thatcher.
On pense notamment à Black Sabbath, Queens of the Stone Age, Muse, Arctic Monkeys et AC/DC, autant de références qui permettent de situer l’univers sonore dans lequel évolue le duo.
Pour ce nouvel effort, Royal Blood prend lui-même les commandes de la production, avec Pete Hutchings à titre de coproducteur.
Un choix qui semble parfaitement cohérent avec la direction artistique du disque : conserver une approche directe, organique et sans artifices.
Sur le plan thématique, les chansons de Dead Company prennent des allures de thérapie par le rock. Il est question de rejeter les pensées négatives, de vivre pleinement le moment présent, de repousser l’anxiété et de se débarrasser de ces idées noires qui finissent par empoisonner l’esprit.
Au-delà de la puissance sonore, c’est cette dimension presque salvatrice de la musique qui donne une certaine profondeur à l’ensemble.
Comme si le rock devenait un exutoire, une façon de reprendre le contrôle, de sortir des situations toxiques et de retrouver un peu de liberté.
Les textes sont livrés avec intensité, sans détour et sans chercher à enjoliver les choses.

Musicalement, Royal Blood nous sert ses fameux grooves de basse saturés, que Mike Kerr transforme en véritables décharges de guitare électrique.
Le tout fusionne avec des riffs bluesy qui grognent, des lignes de basse épaisses et les frappes percutantes de Ben Thatcher, dont les rythmiques oscillent habilement entre le rock classique et l’urgence du punk.
La production privilégie une approche dépouillée, sans artifices superflus, qui laisse toute la place à la puissance instrumentale du duo.
Le résultat possède quelque chose de viscéral et de spontané, une énergie qui rappelle justement l’intensité de leurs prestations sur scène. La voix de Mike Kerr, avec ses intonations parfois teintées du rock des années 1970, ajoute une autre couche de caractère à cette déferlante sonore.
Là où certains albums précédents exploraient davantage les avenues du rock funky et les variations de leur formule habituelle, Dead Company choisit de revenir à une approche plus frontale.
C’est du Royal Blood pur et dur : des riffs accrocheurs, une basse qui gronde, une batterie qui cogne et une énergie qui ne demande qu’à exploser.
Est-ce que cet album révolutionnera le paysage du rock ou passera à l’histoire du genre?
Rien n’est moins sûr.
Mais est-ce vraiment nécessaire? Pas toujours. Parfois, on a simplement besoin d’un bon album qui frappe fort, qui fait monter l’adrénaline et qui nous rappelle pourquoi on aime autant le rock.
Et sur ce terrain, Royal Blood livre exactement la marchandise.
Dead Company est un album robuste, électrique et sans compromis, qui mise sur la force de frappe plutôt que sur les artifices.
Le duo ne cherche pas à réinventer la roue, mais il sait encore très bien comment la faire tourner à plein régime.
Note : 9/10
Chansons favorites :
- Ride
- Tapping Out
- Mother Never Told You
- Swallow That Bomb
- Ten Over Ten
- Rear View Mirror
- Dead Company

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