Date de sortie : 28 août 2026
Genre : Métal
Il s’en est passé des choses depuis la sortie du puissant Hushed and Grim en 2021.
Entre le départ de leur guitariste et frère d’armes Brent Hinds et les nombreux bouleversements qui ont marqué les dernières années, tout ce vécu résonne sur ce neuvième effort de Mastodon, le premier sans lui.
Cela semble ouvrir une nouvelle ère pour le groupe : toujours aussi brutale, mais profondément émotive.
Une fois de plus, Mastodon plonge dans les profondeurs de la douleur pour mieux tenter d’en remonter.
Avec ses 12 pièces, Marrow Deep ne renie en rien la signature ravageuse du groupe, quelque part entre sludge metal et metal progressif.
Pour ce retour particulièrement personnel, Mastodon coproduit l’album aux côtés de Patrik Berger et Kurt Ballou, tandis qu’Andrew Scheps s’occupe du mixage au studio West End Sound, à Atlanta.
Brann Dailor, Troy Sanders et Bill Kelliher nous plongent directement dans la bête du deuil.
Celui de la mère de Dailor est au cœur de plusieurs émotions qui traversent l’album, alors que le fantôme de Hinds semble planer sur l’ensemble.
À cela s’ajoutent les inondations dévastatrices provoquées par l’ouragan Helene, qui ont forcé Sanders et sa famille à quitter leur maison pendant près de deux ans.
Mais au-delà de la douleur, du ressentiment et des tempêtes traversées, Marrow Deep parle surtout de résilience. De cette volonté de remonter à la surface, de continuer d’avancer malgré tout et, ultimement, d’aller au bout de soi.

Musicalement
l’arrivée de Nick Johnston à la guitare apporte une nouvelle couleur au groupe.
Sa manière de faire rugir son instrument donne parfois l’impression d’un hommage à Hinds, du moins à mes oreilles.
L’ajout de João Nogueira aux claviers vient également enrichir la puissance sonore de Mastodon.
Brann Dailor, Troy Sanders et Bill Kelliher continuent de livrer leurs instruments sans aucune retenue.
Tels une bête à trois têtes, chacun apporte sa propre force et pousse sa voix au plus profond des émotions. Tantôt bestial, tantôt mélancolique, le groupe sait encore parfaitement jongler entre la rage et la vulnérabilité.
Et la participation de Josh Homme, chanteur de Queens of the Stone Age, le temps d’une pièce, ajoute une belle couleur à l’ensemble.
Mastodon retrouve ici une énergie crue, mais empreinte d’espoir et de détermination.
Pour moi, il n’y a rien de véritablement nouveau dans leur approche, mais en soi, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Quand une formule fonctionne, pourquoi vouloir absolument la réinventer?
Mastodon livre finalement un album personnel, viscéral et profondément ressenti, où le groupe chevauche la douleur avec ce remarquable talent pour faire rugir sa musique.
Les fans seront certainement ravis, tandis que les autres pourront y trouver leur lot de plaisir, malgré quelques moments plus nébuleux dans la production.
Marrow Deep porte bien son nom : Mastodon va au fond des choses, là où la douleur côtoie la résilience et où il faut parfois creuser profondément pour retrouver la lumière.
8/10
Chansons favorites
- In the Ruin
- Poisonous Weapons
- Your Ghost Again
- Snake for Dinner — avec Josh Homme de Queens of the Stone Age
- They’re Coming for You

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